Gouvernance, La Marina BJ – À la mairie de Ouèssè, un recrutement administratif a pris une tournure inattendue. Confirmée dans un premier temps par la commission ad-hoc, la nomination de Jean Maurice A. au poste de Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP) a été annulée par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP). En cause : des incohérences relevées dans son expérience professionnelle, pourtant décisive pour occuper une fonction aussi stratégique, selon l’appel à candidatures de mars dernier.
Le 8 juillet, la sélection est bouclée et le candidat officiellement retenu. La suite devait n’être qu’une formalité, mais le 26 juillet, un courrier anonyme attribué à des agents municipaux arrive sur le bureau de l’ARMP. Il évoque des informations potentiellement erronées, met en doute les années d’expérience présentées par le lauréat et demande un contrôle de conformité.
L’ARMP s’autosaisit immédiatement, comme le lui permet la réglementation. Le secrétaire exécutif de la mairie transmet alors, le 28 août, un dossier justificatif du processus : modalités de dépouillement, profil requis, formations suivies, éléments d’expérience. Mais le régulateur décide d’aller plus loin.
Auditions, recoupements et un élément décisif
Lors de l’instruction, l’ARMP convoque tous les acteurs impliqués : le candidat désigné, la cellule de contrôle interne et plusieurs responsables du département. Au-delà des pièces fournies, ce sont les auditions qui feront basculer le dossier.
Un élément apparaît alors clairement à la suite des investigations : le nombre d’années d’expérience déclarées par le candidat ne correspond pas à celles exigées dans l’appel à candidatures. Un manquement que la commission ad hoc avait pourtant validé. Pour le Conseil de régulation, le constat est rédhibitoire. « Le non-respect du critère d’expérience suffit à prononcer l’invalidation du recrutement », tranche la décision. Le recrutement est donc purement et simplement annulé.
Si l’invalidation constitue la décision immédiate, l’affaire ne s’arrête pas là. L’ARMP entend poursuivre les investigations afin de déterminer comment une non-conformité aussi fondamentale a pu être validée en interne. Une prochaine décision de l’autorité de régulation dira donc s’il sera ajouté, à cette invalidation, des sanctions à l’encontre notamment des membres de la commission ad hoc du recrutement.
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