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Routes, eau, énergie etc : l’État prévoit d’injecter plus de 170 milliards FCFA dans le Nord Bénin en 2026

Développement, La Marina BJ Le Nord Bénin s’apprête à capter l’un des volumes d’investissements publics les plus élevés de son histoire récente. Selon la note de spatialisation des projets d’investissement public accompagnant le projet de budget 2026, 177,524 milliards FCFA seront injectés dans les quatre départements septentrionaux. Une enveloppe qui traduit à la fois un recentrage stratégique de l’État sur cette partie du territoire et une volonté de traiter simultanément les urgences d’intégration, de résilience et de productivité.

Dans un contexte régional marqué par la pression démographique, l’exposition climatique et les défis sécuritaires, le gouvernement béninois engage un portefeuille de projets qui repositionne clairement le Nord comme un pivot du développement national. Une comparaison de la note 2026 avec celle de 2025 montre qu’en dehors des quinze projets reconduits, cinq projets d’appui institutionnel, d’entretien courant ou d’amélioration locale des services disparaissent, laissant place en 2026 à six projets plus lourds, plus structurants, articulés autour de trois axes : le pouvoir énergétique (solaire), la sécurité (armée, protection civile renforcée) et les hôpitaux centraux (réhabilitation complète).

La transformation territoriale accélérée par les grands chantiers routiers

Aucune autre catégorie n’illustre mieux la montée en puissance des ambitions publiques que les infrastructures routières. Le gouvernement consacre 46,507 milliards FCFA à la poursuite du bitumage de l’axe Djougou–Péhunco–Kérou–Banikoara, véritable colonne vertébrale du corridor cotonnier. S’y ajoutent 9,590 milliards FCFA pour la réhabilitation de la RNIE 2 entre Béroubouay et Malanville, porte d’entrée stratégique vers le Niger, et 3,414 milliards FCFA pour l’aménagement de la route Banikoara–Kérémou–frontière Burkina Faso, qui ouvre davantage le Bénin aux marchés sahéliens.

À ces chantiers majeurs, l’État ajoute 12,882 milliards FCFA pour l’assainissement pluvial dans les communes du BRIC, preuve que les investissements routiers ne peuvent plus être dissociés de la résilience urbaine. La ligne est clairement posée : l’intégration économique du Nord passe par des infrastructures capables d’absorber les chocs et d’accompagner la croissance.

Une stratégie hydrique pour stabiliser les communes du Nord

Deuxième pilier de cette programmation : l’eau. Avec plus de 5,363 milliards FCFA dédiés aux systèmes d’AEP dans les villes du Nord — de Natitingou à Cobly en passant par Toucountouna et Gogounou —, l’État entend répondre à un impératif structurel : réduire la vulnérabilité hydrique d’une région où l’accès à l’eau conditionne tout, de la productivité agricole à la mobilité des ménages.

Les investissements se prolongent avec 1,559 milliard FCFA pour le programme PRSSARP-Villes BBN dans l’Alibori et le Borgou, 2,229 milliards FCFA pour renforcer les AEP secondaires et 4,932 milliards FCFA injectés via le Projet 14 SAEPmV. La combinaison de ces projets illustre un choix assumé : sécuriser la ressource dans un espace où l’eau est autant un facteur de stabilité sociale qu’un moteur économique.

Vers un nouveau modèle énergétique pour les territoires septentrionaux

L’introduction d’une centrale solaire de 25 MWc à Kandi, financée à 3,115 milliards FCFA, marquera une rupture. Pour la première fois, un projet énergétique d’envergure est structuré spécifiquement pour le Nord, territoire longtemps dépendant des extensions de réseau venues du Sud. Ce chantier est complété par 4,808 milliards FCFA destinés au renforcement du réseau électrique dans le bassin cotonnier.

L’objectif est double : soutenir les unités de transformation et stabiliser l’alimentation des communes rurales, où les interruptions de service ralentissent la productivité. Au-delà des infrastructures, l’enjeu est politique : créer les conditions d’un développement décentralisé qui limite la dépendance énergétique du Nord.

De plus, avec plus d’une dizaine de programmes sectoriels, le Nord demeure la pierre angulaire de la stratégie agricole nationale. Le ProSer, dédié à la sédentarisation des troupeaux, mobilise 7,250 milliards FCFA, tandis que le PRODEFI-LAVPEL absorbe 5,663 milliards FCFA pour structurer les filières lait et viande. Le PDI-CVA (3,5 milliards FCFA), le TAZCO 2 (1,883 milliard FCFA) et plusieurs programmes ciblant le karité, le soja ou les filières à haute valeur ajoutée complètent cette architecture. Ce portefeuille témoigne d’une conviction ancienne mais réaffirmée : la compétitivité agricole du Bénin se joue au Nord, et elle nécessite aujourd’hui des investissements massifs en infrastructures et en transformation.

Des infrastructures sociales alignées sur les besoins régionaux

Les investissements sociaux 2026 ne relèvent plus du correctif, mais du structurant. En santé, l’État prévoit de renforcer plusieurs infrastructures : le CTE de Natitingou, les travaux complémentaires à l’hôpital de zone, l’Hôpital d’Instruction des Armées de Parakou, et le CHUD Borgou.

En éducation, deux enveloppes majeures redessinent la carte de la formation : 13,392 milliards FCFA pour les lycées techniques professionnels — dont Natitingou et Djougou —, et 13,495 milliards FCFA pour un lycée scientifique et l’École normale supérieure scientifique de Parakou. Enfin, 2 milliards FCFA sont consacrés aux infrastructures de secours, dans un Nord où les risques sécuritaires et climatiques se croisent de manière accrue.

En agrégeant 177 milliards FCFA d’investissements, la programmation 2026 ne se limite pas à une suite de projets : elle dessine une architecture de développement où le Nord devient le laboratoire de l’intégration territoriale, du renforcement énergétique et de la résilience hydrique. Les routes reconnectent, l’eau stabilise, l’énergie propulse, et les services sociaux corrigent les déséquilibres historiques. Le choix du gouvernement est assumé : faire du Nord non plus une périphérie à soutenir, mais un espace moteur de la transformation nationale.

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