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Législatives 2026 au Bénin : vers un Parlement d’accompagnement ou de contre-pouvoir ?

Politique, La Marina BJÀ quelques jours du scrutin législatif du 11 janvier 2026, le débat politique béninois se recentre sur un enjeu institutionnel clé : le contrôle de l’action gouvernementale et la redevabilité. Thématique officiellement retenue dans la programmation des messages de campagne, elle agit comme un révélateur des lignes de fracture entre partis de la mouvance présidentielle et formations d’opposition, mais aussi des différentes conceptions du rôle du Parlement dans l’architecture du pouvoir.

Depuis 2016, la gouvernance béninoise est marquée par un exécutif fort, adossé à un système partisan rationalisé. Si cette configuration a permis une mise en œuvre rapide de réformes structurelles, elle nourrit également un débat récurrent sur l’affaiblissement du contrôle parlementaire. Les messages diffusés par les partis en lice pour les élections législatives traduisent, chacun à leur manière, cette tension entre efficacité de l’action publique et exigence démocratique.

Accompagner sans étouffer

Le Bloc Républicain (BR) défend un équilibre délicat. Selon le parti, « la démocratie ne s’arrête pas au choix des dirigeants, mais implique une obligation permanente de transparence et d’évaluation ». Dans cette logique, le BR propose de renforcer le contrôle de l’action gouvernementale avec des outils concrets : suivi systématique de l’exécution des lois, publication annuelle d’un rapport de performance de la législature, création d’une cellule d’évaluation des politiques publiques, et auditions publiques des ministres. Selon le parti, ces mesures visent à « faire du Parlement un acteur central de la confiance démocratique et de l’efficacité de l’action publique ». Le BR met également l’accent sur la participation citoyenne via une plateforme numérique de suivi des actions parlementaires et des rapports citoyens accessibles en ligne.

L’Union Progressiste Le Renouveau (UP-R) adopte une posture complémentaire. Selon le parti présidé par Me Joseph Djogbenou, « le contrôle de l’action gouvernementale n’est pas synonyme d’hostilité systématique vis-à-vis des actions de l’exécutif», mais d’efficacité au service des populations. L’UP-R annonce des tournées de reddition de comptes sur tout le territoire et s’engage pour le prochain septennat à « accompagner le prochain gouvernement pour que partout dans notre pays, les populations aient de nouvelles infrastructures scolaires, sanitaires, sportives et autres». Le parti insiste sur la redevabilité comme un outil d’équité dans le déploiement des ressources publiques et des services essentiels.

Opposition et contre-pouvoir

À l’opposé des deux principaux partis de la mouvance présidentielle, Les Démocrates (LD) et la FCBE plaident pour un Parlement véritablement équilibré. Les Démocrates mettent en garde contre les dangers d’un « parlement monocolore », où l’absence d’opposition rend impossible la redevabilité. « Sans l’opposition, la question de redevabilité sera rangée au placard et le contrôle de l’action du gouvernement passera sous silence », prévient le parti.

La FCBE, quant à elle, prend appui sur l’héritage de la Conférence nationale de 1990, dénonçant la suprématie de l’exécutif et l’opacité dans la gestion administrative. Le parti promet une fois au parlement de remettre l’Assemblée nationale au centre du contrôle des politiques publiques et de garantir la séparation des pouvoirs.

Corriger et renforcer

MOELE-BÉNIN, se positionne comme un acteur de régulation et de consolidation. Le parti veut « restaurer la confiance entre les citoyens et l’Assemblée nationale », en réaffirmant le rôle du député comme représentant actif du peuple. Ses engagements concrets incluent l’évaluation des politiques publiques pour « consolider ce qui fonctionne et corriger ce qui doit l’être », et l’amélioration de la transparence des actions gouvernementales. Le parti de Jacques Ayadji insiste aussi sur la représentativité des femmes, des jeunes et de la diaspora, soulignant que « gouverner, c’est rendre compte ».

Ces positions illustrent la diversité des visions pour la 10ème législature : un Parlement d’accompagnement pour certains, un contre-pouvoir effectif pour d’autres, ou un équilibre entre les deux pour ceux qui plaident pour une approche corrective. Le 11 janvier 2026, les électeurs béninois devront décider si leur vote permettra à l’Assemblée nationale de devenir un instrument de transparence et de reddition de comptes, ou si elle restera un organe aligné sur l’exécutif, au risque de fragiliser l’équilibre démocratique.

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