Énergie, La Marina BJ – Depuis l’adoption du décret fixant le cadre institutionnel de mise en œuvre, lors du Conseil des ministres du 17 décembre 2025, les ministères sectoriels s’activent pour le lancement du projet hydroélectrique multifonction Dogo-Bis. Entre production d’électricité, soutien à l’agriculture et désenclavement rural, ce projet de 300 millions de dollars US, jugé décisif pour l’autonomie énergétique du Bénin, promet de transformer durablement le bassin du fleuve Ouémé.
Le secteur de l’énergie électrique au Bénin, encore marqué par des défis de production, s’apprête à connaître une réforme structurelle majeure. Au cœur des dernières actions du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), le projet Dogo-Bis s’affiche comme la réponse stratégique pour réduire la dépendance énergétique du pays tout en stimulant la croissance locale. Cette infrastructure, selon nos informations, ne se limite pas à la simple fourniture de courant ; elle englobe une vision intégrée où l’énergie devient le moteur du développement agricole et social de plusieurs départements clés.
D’après le document de l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) approfondie, consulté par La Marina BJ, il ressort que le projet Dogo-Bis est un complexe multifonctionnel d’une puissance prévue de 128 MW, qui sera érigé sur le fleuve Ouémé. Ce colosse énergétique vise principalement à augmenter l’offre nationale de production électrique et à permettre une gestion plus efficace du secteur, afin de proposer un prix de vente plus compétitif aux populations et aux industries. Au-delà de l’électricité, l’aménagement permettra de réguler les crues du fleuve, d’assurer l’approvisionnement en eau potable et de dynamiser l’agriculture irriguée, l’élevage et l’aquaculture dans les départements du Plateau, des Collines, du Zou et de l’Ouémé.
Déploiement en deux phases stratégiques
La mise en œuvre du projet, financée par la Banque mondiale, est structurée avec une rigueur technique particulière, divisée en deux temps forts. La phase préparatoire se concentre sur les études techniques et environnementales approfondies, ainsi que sur la réalisation des infrastructures de base indispensables. Cette étape inclut notamment l’aménagement de 151,96 km de pistes rurales et l’électrification de 23 localités cibles situées dans la zone d’influence directe du projet. À sa suite, la phase des travaux concernera la construction proprement dite du barrage, l’aménagement hydroagricole complexe, ainsi que la mise en exploitation et la gestion globale du site. D’après les détails du document-projet validé par le ministère de l’Énergie et celui du Cadre de vie, l’ampleur des travaux de désenclavement est impressionnante. Elle repose sur un réseau de sept axes routiers stratégiques totalisant les 151,96 km.
Sur la rive gauche du fleuve Ouémé, les interventions concernent l’axe Idéna-Adakplamé-Kinnindji — traversant la forêt classée de Dogo vers le barrage à Kétou — ainsi que les pistes Gangnigon-Ayékou-Gbégon et le réseau reliant Kaffa, Ouokon, Zoungomè, Houaidja et Ahogo dans la commune d’Ouinhi. Sur la rive droite, les chantiers s’étendent de Dassa-Zoumè, avec les axes Adjanoudoho-Gounsoé-Manonfi et Kpoto-Alankpé, jusqu’aux secteurs de Covè et Zagnanado, avec des liaisons vers Laïnta Cogbé, Gbaglodji et Doga. Ces routes, conçues selon des normes de sécurité strictes pour des vitesses de 40 à 60 km/h, seront essentielles pour la mobilité des produits agricoles et le déploiement des équipements de production.
Extension du réseau électrique
L’électrification rurale constitue l’autre pilier majeur de ces travaux préparatoires, avec une densification massive des réseaux de distribution. Sur la rive gauche, les efforts se concentreront sur les sites agricoles de Houaidja et Ahogo à Ouinhi, ainsi que sur les localités de Gbégon, Ayékou, Aguidi et Vloko dans la commune de Kétou. La zone du barrage bénéficiera également d’un renforcement spécifique à Adamé, Agonlin Kpahou et Atchouhoué. Sur la rive droite, le déploiement de lignes haute tension (HTA) et basse tension (BT) touchera des localités telles que Ahlan, Kpoto et Loko Alankpé à Zagnanado, ainsi que Dovi Zounon et Lanta Cogbé à Covè. Le secteur de Dassa-Zoumè verra ses infrastructures renforcées à Gounsoé, Lowounfè, Manonfi et sur le site du barrage côté Paouignan, garantissant ainsi un accès universel à l’énergie pour les services de santé et d’éducation.
Malgré l’enthousiasme que suscite l’initiative, l’ampleur du projet impose une responsabilité de taille, car Dogo-Bis intervient dans des zones humides sensibles, classées sites Ramsar. Le projet, selon le cabinet ayant réalisé l’EIES, est classé à « risque élevé », ce qui oblige le gouvernement béninois à respecter huit normes environnementales et sociales strictes de la Banque mondiale. Ces mesures visent à prévenir la pollution, à préserver la biodiversité et à protéger le patrimoine culturel. Une attention particulière est portée à la santé des populations et à la gestion des réinstallations involontaires, afin que le développement de l’infrastructure ne fragilise pas le tissu social existant, mais renforce, au contraire, la résilience des communautés locales.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.