Gouvernance verte, La Marina BJ – Le Plan d’Action National pour l’Économie Circulaire (PANEC) 2025-2035 opère une mutation institutionnelle profonde au Bénin. Au cœur de cette stratégie, la création annoncée d’une Agence Nationale dédiée d’ici 2027 symbolise la volonté de l’exécutif de professionnaliser la gouvernance verte et de transformer durablement son modèle économique.
C’est un document de 155 pages qui dessine le futur visage de l’économie béninoise. En lançant son Plan d’Action National pour l’Économie Circulaire (PANEC), le gouvernement du Bénin ne se contente plus de déclarations d’intention. Il structure une réponse institutionnelle face aux défis de l’urbanisation galopante et de la pression sur les ressources naturelles. La mesure phare de ce dispositif reste la mise en place, à l’horizon 2027, d’une Agence Nationale de l’Économie Circulaire (ANEC).
Une tour de contrôle pour la croissance verte
Jusqu’à présent, les initiatives de recyclage, de gestion des déchets et de production durable étaient fragmentées entre plusieurs ministères et acteurs privés. L’ANEC aura désormais pour mission de centraliser cette gouvernance afin de passer d’une gestion de crise des déchets à une véritable stratégie de valorisation des ressources. Cette agence ne sera pas qu’un simple organe administratif puisqu’elle aura vocation à coordonner les 134 actions prioritaires définies dans le plan décennal tout en facilitant les investissements dans les secteurs clés comme l’agroécologie, le bâtiment durable et la gestion des plastiques. Elle jouera également un rôle de premier plan dans le suivi-évaluation des indicateurs de circularité de l’économie nationale.
La création de cette agence s’inscrit dans un calendrier législatif ambitieux qui prévoit un renforcement significatif de l’arsenal juridique béninois entre 2025 et 2027. Cette mutation réglementaire vise notamment à clarifier le statut juridique des déchets-ressources et à instaurer des incitations fiscales pour les entreprises qui adoptent des modèles de production circulaires. Le financement de cette nouvelle architecture de gouvernance reposera sur un mix stratégique entre les ressources publiques, les partenariats publics-privés et les appuis constants des bailleurs internationaux, à l’image de l’Union Européenne et d’Enabel qui sont déjà fortement impliqués dans la phase de diagnostic.
En structurant ainsi sa gouvernance verte, le Bénin ambitionne de devenir un laboratoire de l’économie circulaire en Afrique de l’Ouest. Le défi est de taille car il s’agit de traiter et de valoriser plus de 1 300 tonnes de résidus produits chaque jour, tout en créant des milliers d’emplois verts pour la jeunesse. L’échéance de 2027 pour la création de l’agence doit être perçue comme une étape de maturité nécessaire pour consolider les premiers projets pilotes avant de passer à une échelle industrielle.
Avec la contribution de Noé William HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur LMBJ)
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