Justice, Bénin –Le ministère de la Justice entend faire de l’éthique judiciaire une priorité forte pour l’année 2026. Au coeur des intentions, selon nos informations figure une mise en conformité systématique des acteurs judiciaires avec l’obligation de déclaration de patrimoine.
L’année 2026 s’annonce déterminante pour l’avenir de la justice au Bénin. Selon les nouvelles priorités sectorielles du ministère de la Justice, en passe d’être intégrées au prochain projet de loi de finances, l’accent sera mis sur le renforcement du professionnalisme et de l’intégrité des acteurs judiciaires. Une mesure centrale se détache et c’est l’application renforcée de la déclaration de patrimoine, désormais érigée en exigence éthique et réglementaire pour l’ensemble des professionnels du secteur.
Moralisation de la justice : une exigence qui se précise
Sous la houlette du ministère de la Justice et de la Législation, le régime actuel entend inscrire l’exemplarité au cœur de l’action publique judiciaire. Selon le document de programmation budgétaire, à partir de 2026, les magistrats, greffiers, officiers ministériels et autres agents du système judiciaire devront impérativement se soumettre à la déclaration de patrimoine. Une exigence destinée à garantir la transparence, à restaurer la confiance du justiciable et à prévenir les conflits d’intérêts.
D’après les informations obtenues auprès de notre source bien informée, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus globale de renforcement éthique. Elle prévoit également des sessions de formation, ainsi qu’un accompagnement institutionnel pour faciliter la mise en conformité. L’Inspection générale de la Justice devrait jouer un rôle de premier plan dans la mise en œuvre et le suivi de cette orientation.
Modernisation numérique et dialogue renforcé
Au-delà des enjeux d’intégrité, le ministère prévoit de poursuivre, en 2026, la transformation numérique de la justice. Il s’agira notamment d’accélérer la digitalisation et la sécurisation des actes judiciaires, mais aussi de mettre en service une plateforme destinée à vulgariser les lois et règlements. L’objectif est de rapprocher le droit du citoyen et de fluidifier les relations entre l’administration judiciaire et les usagers.
Dans le même esprit, le ministère ambitionne de renforcer ses échanges avec les ordres professionnels (avocats, notaires, huissiers, etc.) afin de favoriser une co-construction des réformes en cours. Une dynamique d’ouverture qui vise à accroître la légitimité et l’appropriation des actions entreprises.
Enfin, l’amélioration des conditions de détention demeure une priorité pour le ministère. Le gouvernement, selon le document de programmation budgétaire, entend conjuguer efficacité judiciaire et respect des droits humains, en veillant à ce que les établissements pénitentiaires respectent les normes nationales et internationales.
À la croisée de la transparence, de l’innovation et de la responsabilité institutionnelle, la feuille de route qui se dessine pour 2026 traduit une volonté affirmée de bâtir une justice plus crédible, accessible et tournée vers l’avenir.