Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Éducation au Bénin : les AME rappellent à Patrice Talon sa promesse d’intégration

Éducation, La Marina BJAprès plusieurs années de service dans les écoles publiques, les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) dénoncent une fois encore la précarité de leur statut et exigent le respect d’un engagement présidentiel datant de 2022.

À quelques semaines de la rentrée scolaire, la Fédération nationale des collectifs des enseignants pré-insérés du Bénin (FéNaCEPIB – MESTFP) hausse le ton. Dans deux lettres ouvertes consultées par La Marina BJ — l’une adressée au Médiateur de la République, l’autre au président Patrice Talon —, l’organisation réclame la concrétisation d’une promesse vieille de trois ans : le reversement des AME ayant au moins trois années de service au rang d’agents contractuels de droit public de l’État.

Un engagement en suspens

Le collectif rappelle, par la voix de ses deux signataires, que les AME ont été recrutés sur concours sélectif et qu’ils assurent, parfois depuis près d’une décennie, l’instruction de milliers d’élèves à travers le pays. Tout en saluant les avancées enregistrées sous le régime actuel — passage à douze mois de salaire, octroi de nouveaux avantages —, la FéNaCEPIB souligne que l’absence d’intégration officielle maintient des milliers d’enseignants dans les limbes de la précarité.

« Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons simplement le droit de voir notre engagement reconnu, notre avenir sécurisé », insistent ses porte-parole, rappelant que cette intégration avait été annoncée par le gouvernement dès 2022.

Dans leur missive au Médiateur, les représentants de la fédération l’exhortent à jouer pleinement son rôle de relais institutionnel auprès du chef de l’État. La lettre adressée directement à Patrice Talon adopte un ton plus solennel et évoque « une occasion historique » d’inscrire son mandat dans la mémoire collective comme celui qui aura rendu leur dignité à des milliers de jeunes enseignants.

« Monsieur le Président, nous vous adressons cette supplique : tenez votre parole. Entrez dans le cœur des aspirants, de leurs familles, et offrez à notre pays des enseignants dignement intégrés », peut-on lire dans ce courrier.

Un dossier social et politique

Cette mobilisation intervient alors que l’exécutif met en avant les réformes éducatives comme levier de développement. Mais pour les AME, la stabilité du corps enseignant est un préalable incontournable. Ils affirment vouloir reprendre les classes en septembre, mais « avec la sérénité et la dignité de fonctionnaires intégrés ».

À la veille de la rentrée, le dossier place le gouvernement face à une équation délicate : répondre à la revendication d’un corps enseignant numériquement important, sans alourdir excessivement la masse salariale de la fonction publique. Comme le rapportait un article récent de La Marina BJ (LMBJ 14/07/2025), le dernier document de programmation budgétaire cite, parmi les priorités sectorielles du ministère de l’Enseignement maternel et primaire, le reversement de cette catégorie d’enseignants en agents contractuels de droit public d’ici 2026.

Reste à savoir combien, parmi les plus de 30 000 concernés, bénéficieront de cette mesure. Une chose semble acquise : certains enseignants du maternel et du primaire devraient figurer en tête de liste pour le prochain exercice budgétaire.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

Élevage au Bénin : des kits d’ovins pour renforcer les revenus des ménages agricoles

Suivant

BRVM/Actions : Les valeurs béninoises en mode pause dans un marché régional hésitant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant