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Jacques Ayadji règle ses comptes avec l’UPR et expose les fractures internes de la mouvance

Politique, La Marina BJ Hier jeudi 14 août 2025, au siège du parti MOELE-Bénin, son président, Jacques Ayadji, a élevé d’un cran sa rhétorique contre certains acteurs politiques issus de la mouvance présidentielle. Le ministre conseiller a choisi de rompre le silence sur ce qu’il considère comme des « attaques » venues non pas de l’opposition, mais de ses propres alliés de la mouvance présidentielle.

Nom à l’appui, il accuse trois figures de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) de Joseph Djogbénou d’œuvrer à la déstabilisation de son parti. Une sortie qui, au-delà de la charge personnelle, révèle les lignes de fracture qui traversent la coalition au pouvoir à l’approche des échéances électorales.

« Chaque fois que je signale des inconduites au président de l’UPR, on me dit que “ça va se gérer”. Mais ça ne se gère jamais », lance le ministre conseiller Jacques Ayadji. Pour lui, la patience a ses limites. Ce discours, soigneusement calibré mais sans détours, s’adresse autant aux responsables visés qu’aux stratèges de la majorité présidentielle. Depuis plusieurs mois, le leader de MOELE-Bénin observe, contrairement aux vœux du chef de l’État Patrice Talon, un climat d’hostilité croissante dans certaines zones où son parti et l’UPR sont censés travailler de concert. Dans les Collines, notamment, la rivalité a pris des allures de guerre de positions.

Trois cibles clairement désignées

En tête de liste, Edmond Agoua, député UPR des Collines plus précisément de la 10eme circonscription électorale, accusé de mener une campagne de débauchage auprès des militants de MOELE-Bénin. « Un politicien fini », tranche Jacques Ayadji, qui doute même de son utilité au sein de son propre parti. Selon lui, Edmond Agoua aurait écrit à des cadres de MOELE-Bénin de sa circonscription électorale pour les pousser à rallier l’UPR – une manœuvre qu’Ayadji juge « vouée à l’échec » dans un département où, affirme-t-il, le député est contesté.

Deuxième nom cité, Rogatien Kouakou, maire de Tori-Bossito. Il est reproché à l’édile de s’être vanté d’avoir « négocié fort » pour arracher le coordonnateur communal de MOELE-Bénin. Une stratégie que Jacques Ayadji oppose à la ligne officielle du chef de l’État, qui appelle à consolider l’unité de la mouvance sur le terrain.

Enfin, Alain Gnacadja, originaire du même arrondissement que le président de MOELE-Bénin, est présenté comme un semeur de doute. Selon Ayadji, il diffuse l’idée que MOELE-Bénin n’ira pas aux élections de 2026, incitant les militants à rejoindre l’UPR avant qu’« il ne soit trop tard ».

Des tensions symptomatiques d’une alliance fragile

Ces accusations, lourdes, dépassent la simple querelle personnelle. Elles mettent en lumière un mal plus profond : la compétition interne au sein de la mouvance présidentielle, où les alliances de circonstance cohabitent difficilement avec les ambitions locales. Jacques Ayadji ne s’y trompe pas, en précisant que son parti « MOELE-Bénin est plus attaqué à l’intérieur de la mouvance présidentielle que dans l’opposition. » Une formule qui, dans le contexte politique béninois, sonne comme un avertissement.

À quelques mois des prochaines échéances électorales, ces tiraillements internes pourraient affaiblir la capacité de mobilisation de la coalition dans certaines zones stratégiques. Et si le leader de MOELE-Bénin laisse chacun « faire sa lecture », il prévient qu’à « l’heure des comptes, nous tirerons les conclusions. »

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