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Du sort de Joël Aïvo (et autres) à la succession de Patrice Talon, Victor Topanou révèle ce que l’on ne dit pas

Politique, La Marina BJ Sur le plateau d’ESAE TV , l’universitaire et député de l’Union Progressiste Le Renouveau (UPR), Prudent Victor Topanou, a livré une lecture sans fard des grandes questions qui traversent la scène politique béninoise. De la détention de Joël Aïvo et d’autres opposants, à la succession de Patrice Talon, en passant par la polémique autour des 20 % du code électoral, son intervention trace les contours d’un discours lucide, parfois dérangeant, mais révélateur des rapports de force au sommet de l’État.

Rarement un député de la mouvance présidentielle s’était exprimé avec autant de franchise sur des sujets considérés comme explosifs. Invité du dimanche sur ESAE TV, le maître de conférences en sciences politiques, Victor Prudent Topanou, a déroulé une analyse sans détour, mêlant lucidité et loyauté, tout en explorant les lignes rouges et les zones grises de la vie politique béninoise.

Les prisonniers et exilés politiques : un dossier entre les mains du président

Interrogé sur le sort de son collègue universitaire Joël Aïvo, incarcéré depuis plus de quatre ans, ainsi que sur les cas de Reckya Madougou et d’autres figures en exil, Prudent Victor Topanou s’est voulu réaliste : « Aïvo est un ami et un collègue, j’ai une pensée pour lui. Mais ce qui est possible pour lui ne peut venir que du président de la République : soit une grâce, soit une amnistie », a-t-il déclaré, rappelant que, dans le système institutionnel béninois, seul Patrice Talon détient ce levier.

À ceux qui attendent une solution rapide, l’élu prévient : « Si quelqu’un vient à la télévision dire qu’il a la solution pour Aïvo, Madougou ou les exilés, c’est faux. » D’après le député de la sixième circonscription électorale, ces affaires se règlent dans des canaux ultra-confidentiels. Les véritables démarches se font en coulisses, loin des caméras.

Pas d’homme providentiel, mais un successeur

Sur la question de l’après-Talon, Prudent Victor Topanou a écarté toute idée d’un « dauphin »,
« Il n’y aura pas d’homme providentiel, il y aura un successeur », a-t-il insisté. Selon lui, le prochain président devra incarner une « synthèse entre Soglo, Kérékou, Yayi et Talon » et surtout être capable de maintenir le cap fixé par l’actuel chef de l’État. Il affirme que le président Patrice Talon a amené le pays à un niveau jamais atteint et que son successeur devra consolider cet acquis et aller plus loin. Pour l’universitaire, si desserrer la ceinture est envisageable, ce sera sous la prochaine gouvernance, pas celle-ci, a-t-il ajouté.

La règle des 20 % du code électoral : un débat tronqué

Revenant enfin sur la controverse autour de la règle des 20 % dans chaque circonscription électorale, le député a dénoncé une lecture partielle de la loi :
« Le débat est pris par le mauvais bout », juge-t-il. Pour l’ancien ministre de la Justice sous le président Yayi Boni, les commentateurs se concentrent uniquement sur les hypothèses où un seul parti atteint les 20 % ou aucun ne les atteint. Or, explique-t-il, il existe aussi des scénarios où trois, quatre ou même cinq partis peuvent franchir ce seuil.

Pour lui, les critiques occultent un point essentiel : le rôle des électeurs. « Ce sont eux qui décident. Pourquoi faire comme si les Béninois étaient incapables de comprendre les enjeux ? » Depuis 1990, poursuit Victor Topanou, les Béninois ont montré une maturité démocratique exceptionnelle. Il suffit, selon lui, d’expliquer les réformes pour qu’ils s’approprient l’esprit du nouveau code.

En somme, l’intervention de Victor Topanou illustre la ligne de la mouvance présidentielle : sur les dossiers sensibles comme les prisonniers politiques, la décision relève exclusivement de Patrice Talon ; sur la succession, l’objectif est la continuité et non la rupture ; et sur le code électoral, la légitimité du peuple reste, selon lui, l’ultime garantie démocratique.

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