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Bénin : la CSA-Bénin, la CGTB et l’UNSTB en front commun pour le sort des AME

Éducation, La Marina BJMercredi 20 août 2025, à la Bourse du travail de Cotonou, trois grandes centrales syndicales ont parlé d’une seule voix. La CSA-Bénin, la CGTB et l’UNSTB ont exigé du gouvernement le reversement des Aspirants au métier d’enseignant (AME) en agents contractuels de droit public ou en fonctionnaires. Un appel qui, à quelques semaines de la rentrée, place le pouvoir face à une équation sociale et politique désormais incontournable.

Recrutés depuis 2018 pour combler le déficit criant de personnel, les AME constituent aujourd’hui une véritable colonne vertébrale de l’école publique. Selon la déclaration commune, dans plusieurs communes, ils assurent jusqu’à 40 % des heures de cours et ont contribué à relever le taux de couverture pédagogique à plus de 90 %.

Les promesses non tenues dans le viseur

Pourtant, derrière cette utilité reconnue, les syndicats décrivent une précarité persistante : contrats annuels à répétition, salaires modestes, absence de sécurité sociale complète, aucune perspective de titularisation. « Après plus de six années de service, les AME ne peuvent pas rester éternellement des enseignants de seconde zone, des travailleurs temporaires à l’avenir incertain », ont lancé les responsables syndicaux.

La déclaration commune dénonce le non-respect d’un engagement présidentiel datant de 2022, qui prévoyait un processus de reversement progressif. Initialement annoncé pour 2024 puis repoussé à juin 2025, ce calendrier est resté lettre morte. Pour les centrales, cette situation viole les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui proscrivent le recours permanent à des contrats temporaires pour des fonctions stables. « C’est une question de dignité professionnelle, mais aussi de conformité aux standards internationaux », insistent-elles.

L’interpellation directe au chef de l’État

Au-delà des ministères de tutelle, c’est désormais le président Patrice Talon qui est directement interpellé. Dans leur déclaration, les syndicats voient dans ce reversement un double enjeu : justice sociale pour des milliers d’enseignants et geste politique fort en fin de mandat. « Excellence, Monsieur le Chef de l’État, tous les regards sont tournés vers vous pour la solution finale de ce reversement. Les AME croient en vous en tant que bon père de famille, bon père pour tous les enfants du Bénin », conclut le texte, rappelant que cette régularisation permettrait aussi d’aligner le Bénin sur les Objectifs de développement durable relatifs à l’éducation de qualité (ODD 4) et au travail décent (ODD 8).

Ce front commun syndical s’inscrit dans une série de mobilisations récentes. Comme le rapportait récemment notre rédaction (LMBJ DU 11/08/2025), la FéNaCEPIB avait déjà interpellé le chef de l’État et le Médiateur de la République pour exiger « la fin d’une précarité devenue insoutenable ». Mais avant tout ça et lors du débat d’orientation budgétaire du 27 juin dernier où le document de programmation budgétaire pluriannuelle a été présenté, le gouvernement avait mentionné le reversement des AME parmi les priorités stratégiques du ministère des Enseignements maternel et primaire, prévoyant un processus de régularisation dès 2026, mais dont les modalités restent encore à définir (LMBJ DU 14/07/2025).

Entre revendications syndicales de plus en plus pressantes et engagements budgétaires affichés, le sort des AME s’impose comme l’un des derniers grands chantiers sociaux du régime de la Rupture, à moins d’un an de l’élection présidentielle. Pour les centrales, l’opération est non seulement faisable, mais déjà éprouvée, « Des opérations similaires ont été menées dans le secteur de la santé et de l’administration territoriale avec succès. Les coûts d’intégration peuvent être lissés sur deux à trois ans grâce à un plan progressif. » peut-on lire dans la déclaration commune.

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