Diplomatie, La Marina BJ – Comme héritage à transmettre au prochain régime, qui prendra le relais après le départ du président Patrice Talon en mai 2026, l’actuel exécutif prépare une inflexion dans la politique étrangère du pays. Les priorités sectorielles du ministère des Affaires étrangères, inscrites dans le projet de loi de finances 2026 qui sera bientôt soumis à l’Assemblée nationale, dessinent une diplomatie plus offensive, résolument tournée vers l’économie, la culture et le tourisme.
« Dans le domaine des affaires étrangères, l’État assurera la dynamisation de l’action diplomatique, d’une part, et mettra l’accent sur la promotion de l’attractivité, de la diplomatie économique, culturelle et touristique du Bénin, d’autre part », peut-on lire dans le document de programmation budgétaire. Si la stabilité régionale et la coopération sécuritaire restent incontournables, la diplomatie béninoise entend transformer les ambassades et consulats en véritables relais de rayonnement économique et culturel.
La crédibilité internationale comme fondement
En 2025, la diplomatie béninoise s’était donnée pour mission de « promouvoir un développement durable » à travers le bon voisinage et la sécurité collective, dans un environnement sous-régional instable. Pour 2026, l’ambition est plus affirmée : renforcer la voix du Bénin dans les enceintes bilatérales, multilatérales et décentralisées, et asseoir sa crédibilité comme partenaire fiable et influent.
Cette évolution place désormais l’économie, le tourisme et la culture au centre de l’action extérieure. Les représentations diplomatiques devront promouvoir les opportunités d’investissement, valoriser le patrimoine national et servir de vitrine touristique, consacrant ainsi une diplomatie conçue comme un outil direct de développement et d’influence.
La « boussole des 4 D »
Pour porter cette vision, l’exécutif mise sur la stratégie des « 4 D » – Disponibilité, Diaspora, Digitalisation, Développement – chère au ministre des Affaires étrangères, Olushegun Bakari. Modernisation des services consulaires, implication accrue de la diaspora et transition numérique constituent autant de leviers pour donner à la diplomatie béninoise un visage plus moderne et attractif.
En plaçant l’attractivité et le soft power au cœur de son action extérieure, le Bénin amorce une nouvelle étape de son histoire diplomatique. L’année 2026 pourrait ainsi consacrer le passage intégral d’une diplomatie centrée sur la stabilité à une diplomatie d’influence, capable de conjuguer sécurité, compétitivité économique et rayonnement culturel