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Études maritimes : du trio international à l’offre unique, le Port de Cotonou s’approche de son choix final

Gestion côtière, La Marina BJ Le processus lancé par le Port autonome de Cotonou (PAC) pour sélectionner le partenaire scientifique chargé de conduire les grandes études maritimes des trois prochaines années vient de connaître un tournant majeur. Alors qu’en novembre, trois groupements internationaux étaient encore en compétition pour décrocher ce marché stratégique, l’ouverture officielle des propositions techniques, le 4 décembre 2025, a révélé un fait décisif : un seul consortium a finalement déposé une offre conforme dans les délais. En savoir plus.

En novembre dernier, trois groupements — mêlant expertises européennes, africaines et spécialisations maritimes avancées — avaient été présélectionnés pour défendre leur vision d’un dispositif scientifique de surveillance du littoral béninois. Il s’agissait de : ANTEA Bénin / INROS LACKNER / ANTEA Belgium, TAEP Europe / LEM, SCET-Tunisie / SETEM-Bénin (Lire LMBJ du 7/11/2025). Ces équipes devaient remettre un dossier technique démontrant leur capacité à analyser les dynamiques côtières, à modéliser les phénomènes d’érosion et à fournir des outils d’aide à la décision pour l’aménagement portuaire et la planification maritime. Selon les informations recueillies auprès de notre source bien informée, au moment de l’ouverture des offres, l’équipe en charge de l’ouverture et d’évaluation des offres n’a enregistré qu’une seule proposition. Ce resserrement inattendu fait basculer le processus vers un scénario où la qualité intrinsèque d’une seule candidature déterminera l’identité du futur partenaire scientifique.

Une offre unique, mais jugée totalement conforme

Selon le procès-verbal de la séance d’ouverture, consulté par La Marina BJ, la Commission a procédé à un contrôle exhaustif du dossier soumis : pièces administratives, engagement du groupement, méthodologie annoncée, capacités techniques, références, documents numériques, conformité réglementaire. Le verdict est sans ambiguïté : aucun manquement, aucune irrégularité, aucune réserve. Le dossier est déclaré entièrement recevable, ouvrant la porte à l’évaluation technique approfondie. Cette validation formelle constitue une étape fondamentale, car elle permet de basculer du volet administratif au cœur scientifique du processus.

Le marché en compétition dépasse largement le cadre d’un simple diagnostic environnemental. Il s’agit d’un programme d’études maritimes triennal qui doit permettre au Port de Cotonou d’établir une cartographie dynamique du littoral béninois ; analyser les zones d’érosion et d’accumulation ; modéliser les effets des ouvrages portuaires ; projeter des scénarios d’aménagement résilients ; réaliser des levés topographiques et bathymétriques réguliers ; évaluer l’impact des travaux portuaires dans une logique de suivi continu.

Pour la première fois selon nos informations, le Bénin confiera la surveillance scientifique de son littoral à un acteur unique, chargé de produire l’intelligence côtière nécessaire aux décisions d’aménagement et à la protection des infrastructures stratégiques.

Le littoral béninois — long d’une centaine de kilomètres — est considéré comme l’un des plus fragiles d’Afrique de l’Ouest. Les pressions y sont multiples : recul du trait de côte, ensablement des chenaux, intensification des marées, urbanisation accélérée, accroissement des risques climatiques. Le Port de Cotonou, moteur économique du pays, se trouve en première ligne. En renforçant son dispositif d’observation scientifique, il engage une transformation profonde : passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation. La sélection du futur “gardien scientifique” du littoral n’est donc pas un marché comme les autres : c’est une pièce maîtresse de la stratégie nationale de résilience côtière.

Un choix imminent

L’évaluation technique de l’offre déposée — seule encore en compétition — va désormais déterminer si le groupement répond aux standards méthodologiques, scientifiques et opérationnels fixés par le PAC. Si cette phase aboutit à une note jugée satisfaisante, l’attributaire pourra être désigné dans les prochaines semaines.

Après plusieurs mois de mise en concurrence, de relance procédurale et de filtrage technique, le Port autonome de Cotonou s’apprête ainsi à finaliser l’un des marchés les plus sensibles de sa stratégie environnementale. Le Bénin avance vers un tournant discret mais essentiel : celui d’une gouvernance côtière fondée sur la science, outil indispensable pour arrêter — ou du moins comprendre — la mer qui façonne son destin.

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