Politique, La Marina BJ– Trois jours après la mutinerie avortée du 7 décembre, le gouvernement béninois poursuit son opération de clarification. Ce 10 décembre, lors d’une conférence de presse le porte-parole de l’exécutif, Wilfried Léandre Houngbedji, est revenu sur les circonstances de l’attaque et a tenu à rassurer quant au maintien du calendrier institutionnel et électoral.
S’appuyant sur les premiers éléments de l’enquête, Wilfried Léandre Houngbedji a décrit une attaque préparée, dont l’objectif premier était de neutraliser la garde rapprochée de la résidence du chef de l’État Patrice Talon. « L’objectif d’un mutin étant de se saisir de la personne du chef de l’État, il leur fallait neutraliser sa garde », a-t-il indiqué, évoquant des affrontements « rudes » et « violents » autour de la résidence présidentielle.
Selon lui, un soldat chargé de la sécurité de la résidence du chef de l’État a été tué et un autre grièvement blessé. Dans les rangs des assaillants, « plusieurs morts » sont confirmés, mais les mutins « ont emporté les corps », rendant difficile un décompte précis. Les premières estimations situent entre « 100 et 200 » le nombre de militaires impliqués dans l’opération.
Aucune modification du calendrier électoral
Interrogé sur un éventuel impact des événements sur les échéances électorales à venir, le porte-parole du gouvernement a répondu sans équivoque. « Nous ne modifions aucun de nos agendas, officiels et institutionnels. Notre pays doit continuer à vivre, continuer à inspirer la confiance qu’il inspire au monde entier et aux investisseurs étrangers », a-t-il insisté. Cette position s’inscrit dans le continuum des messages délivrés depuis le 7 décembre : montrer que les institutions n’ont pas été ébranlées et que l’appareil d’État fonctionne normalement, malgré la tentative de déstabilisation.
Pour un observateur averti, la communication de ce 10 décembre s’inscrit dans une stratégie plus large : afficher la continuité institutionnelle et dissiper rapidement toute perception de fragilité à l’approche d’une année électorale chargée. La rapidité avec laquelle l’ordre a été rétabli, conjuguée à la fermeté du discours gouvernemental, vise à conforter l’idée que le calendrier des scrutins — communaux, municipaux, législatifs ( 11 janvier 2026 ) et présidentiel ( 12 avril 2026) — reste inchangé. Ce maintien des échéances apparaît ainsi comme un marqueur de stabilité que les autorités entendent mettre en avant pour tourner définitivement la page de l’incident du 7 décembre.
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