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Audit financier du projet FP2E : un conflit d’intérêts conduit à l’exclusion d’un cabinet béninois

Gouvernance, La Marina BJ Une procédure d’audit financier engagée dans le cadre du projet Formation professionnelle pour l’entrepreneuriat et l’emploi (FP2E) a récemment connu un coup d’arrêt, à la suite de la mise en lumière d’une situation jugée incompatible avec les principes d’indépendance et d’impartialité exigés en matière de marchés publics. Selon les informations recueillies par La Marina BJ, un cabinet béninois pressenti pour conduire l’audit de l’utilisation des subventions du projet se trouvait dans une position susceptible de compromettre la régularité de la mission.

L’affaire intervient alors que le processus de sélection semblait suivre son cours normal. Lancé fin septembre 2025 à travers un appel à manifestation d’intérêt, le recrutement du cabinet d’audit avait enregistré une forte participation, avec seize soumissions examinées selon la méthode fondée sur les qualifications des consultants. À l’issue de l’évaluation technique et après validation des résultats provisoires, un groupement de cabinets avait été classé en tête. Mais en coulisses, un élément clé a rapidement retenu l’attention des responsables du projet.

Un lien professionnel jugé problématique

Des vérifications complémentaires ont permis d’établir que l’un des membres du groupement provisoirement retenu, le cabinet FIDUCIA CONSULTING GROUP (FCG), entretient une relation professionnelle directe avec l’Agence de Développement de Sèmè City (ADSC), en qualité de commissaire aux comptes titulaire.

Or, l’ADSC est directement impliquée dans la mise en œuvre du projet FP2E, dont l’audit financier porte précisément sur l’utilisation des subventions octroyées. Une situation qui pose une question centrale : un cabinet peut-il auditer un projet impliquant une entité avec laquelle il collabore étroitement, sans exposer la procédure à un risque de conflit d’intérêts réel ou apparent ? Selon nos informations, cette configuration a rapidement suscité des inquiétudes, d’autant plus que la mission d’audit s’inscrit dans le cadre d’une revue a posteriori de la Banque mondiale, qui impose un strict respect des principes de transparence, d’équité et d’impartialité.

Aussi, le droit des marchés publics est, en la matière, sans équivoque : les consultants doivent éviter toute situation dans laquelle leurs missions présentes ou passées pourraient influencer, ou sembler influencer, leur objectivité. Ces exigences ne concernent pas uniquement les consultants pris individuellement, mais s’étendent également aux membres des groupements et aux sous-traitants. Une situation incompatible avec les règles de la commande publique, qui a conduit l’unité de gestion du projet à soumettre une requête à l’institution de régulation.

L’ARMP tranche en bout de chaîne

Dans sa requête adressée à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), le chef de mission du projet, à la suite de l’exposé des faits, sollicitait un avis technique de l’autorité de régulation. Dans une récente décision consultée par La Marina BJ, le régulateur a formellement constaté l’existence d’un conflit d’intérêts impliquant le cabinet FIDUCIA CONSULTING GROUP dans la procédure de recrutement du cabinet chargé de l’audit financier du FP2E, composante 3.

L’ARMP a, en conséquence, invité les responsables du projet à tirer toutes les conséquences de droit, ouvrant la voie à l’exclusion du cabinet concerné et de son groupement, afin de préserver la régularité, la crédibilité et la transparence de la procédure.

Au-delà de ce dossier précis, cette décision rappelle avec force que, dans la commande publique, la compétence technique ne saurait jamais primer sur l’exigence d’indépendance, pilier fondamental de la gouvernance des projets financés sur fonds publics et partenaires internationaux.

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