Régulation des médias, La Marina BJ — Désormais, lorsqu’un message est estampillé « d’intérêt public », les médias béninois n’ont plus le choix. Radios, télévisions, presse écrite et plateformes numériques sont tenues de le diffuser immédiatement, tel quel, sans retouche ni délai. C’est le sens de la Décision n°25-091/HAAC adoptée le 19 décembre 2025 par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).
À travers ce texte, le régulateur rappelle que face aux enjeux jugés vitaux pour la Nation, l’urgence de l’information prime sur les réflexes éditoriaux habituels. Dans son article premier, la décision est directe, presque sèche. Tout message émanant du Gouvernement ou transmis sur instruction de la HAAC, dès lors qu’il est déclaré d’intérêt public, doit être publié ou diffusé « sans délai et sans altération ». La HAAC ne laisse pas planer le flou. Sont concernés les messages liés à la paix sociale, à l’ordre constitutionnel, à la sécurité des populations, à la santé publique, à l’environnement ou encore à l’intégrité territoriale.
Autant de situations où, selon l’autorité de régulation, chaque minute compte et où une information mal relayée ou retardée peut avoir des conséquences réelles sur le terrain. Selon l’article 4 de la décision, tout retard injustifié ou altération du contenu expose les médias concernés à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Un rappel ferme aux médias
Sur le fond, la HAAC ne crée pas une nouvelle obligation. Elle remet au centre des pratiques des dispositions déjà prévues par le Code de l’information et de la communication, notamment ses articles 230 et 231. Mais en les formalisant dans une décision autonome, elle envoie un message clair aux rédactions : ces règles ne sont plus théoriques, elles doivent désormais être appliquées sans discussion. Pour les médias, l’exercice devient un équilibre délicat. Continuer à informer librement, tout en acceptant que, dans certains moments précis, la mission de service public prenne le dessus sur la liberté de traitement.
Avec cette décision, la HAAC assume une vision claire : en période sensible, le rôle du média n’est pas de filtrer l’information d’intérêt public, mais de la relayer fidèlement. Le patriotisme médiatique n’est plus donc un slogan, il devient une obligation professionnelle.
Par William Noé HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur)
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