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Comment l’économie béninoise a atteint 8,8 % de croissance au 3eme trimestre 2025

Économie / Macroéconomie, La Marina BJAu troisième trimestre 2025, l’économie béninoise a eanregistré une croissance de 8,8 % en glissement annuel, marquant une accélération significative par rapport aux 7,3 % observés à la même période en 2024. Cette performance, l’une des plus élevées de ces dernières années, ne relève ni d’un effet conjoncturel isolé ni d’un rebond sectoriel ponctuel. Elle résulte d’un enchaînement cohérent de dynamiques productives, industrielles et de services, traduisant une montée en puissance plus structurelle de l’appareil économique national.

Alors que l’environnement économique mondial demeure marqué par un ralentissement relatif de la croissance, la trajectoire du Bénin se distingue par sa solidité, comme le souligne la note de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD).

Une croissance tirée simultanément par les trois secteurs de l’économie

Premier enseignement des comptes nationaux trimestriels : la croissance du troisième trimestre 2025 repose sur une contribution simultanée et équilibrée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Cette configuration limite les risques de vulnérabilité liés à une dépendance excessive à un seul moteur économique.

Le secteur primaire enregistre une progression de 6,2 %, contribuant à hauteur de 1,9 point de pourcentage à la croissance globale. L’agriculture avec une croissance de 5,9% demeure le pilier central de cette dynamique, soutenue par la mise en œuvre continue des politiques agricoles et l’amélioration des performances des filières. Les branches de l’élevage, de la sylviculture (4,2 %) et de la pêche (4,3 %) affichent également des hausses notables, confirmant un socle rural plus résilient.

Le secteur secondaire accélère davantage, avec une croissance de 9,9 %, portée par l’essor combiné de l’agro-industrie (7,2 %)et des activités de construction (12,5 %). Les industries de transformation alimentaire progressent régulièrement, traduisant une meilleure valorisation locale de la production agricole. Les BTP, quant à eux, bénéficient de la poursuite des investissements en infrastructures, renforçant leur rôle d’entraînement sur l’économie.

Le tertiaire comme moteur central de la performance

Mais c’est le secteur tertiaire qui joue le rôle déterminant. Avec une croissance de 10,0 %, il contribue à lui seul à 4,5 points de pourcentage de la croissance du PIB et représente désormais 45,8 % de la valeur ajoutée nationale. Au sein du tertiaire, deux branches se distinguent particulièrement. Les transports et activités connexes (11,7 %) connaissent une accélération encore plus marquée, portée notamment par le dynamisme logistique et portuaire, facteur clé dans une économie tournée vers les échanges régionaux.

Les télécommunications et services numériques (10,7 %) poursuivent leur progression à un rythme soutenu, confirmant la place croissante du digital dans la structure économique. Les activités financières et d’assurance (7,9 %) suivent la même trajectoire, reflet de l’élargissement de l’accès aux services financiers et de l’intensification des opérations économiques.

Une contribution fiscale en phase avec la dynamique économique

Autre indicateur révélateur de la solidité de la croissance : la performance des impôts et taxes, qui progressent de 9,7 % au troisième trimestre 2025 et représentent 8,3 % du PIB. Leur contribution directe à la croissance atteint 0,8 point de pourcentage, traduisant une amélioration du rendement fiscal adossée à l’expansion réelle de l’activité économique, plutôt qu’à un simple durcissement de la pression fiscale.

En général, l’analyse des comptes nationaux montre que la croissance de 8,8 % ne procède pas d’un simple effet de base ou d’un rattrapage ponctuel. Elle reflète une meilleure articulation entre agriculture, industrie et services, une montée en gamme progressive des activités productives et une capacité accrue de l’économie à absorber et diffuser l’investissement.

En s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse de trimestrialisation conforme aux standards internationaux, les données publiées par l’INStaD offrent une lecture fiable de cette dynamique. Elles suggèrent que la performance du troisième trimestre 2025 s’inscrit dans une trajectoire plus durable, à condition que les investissements productifs, les infrastructures et la transformation structurelle soient maintenus.

À ce stade, le chiffre de 8,8 % apparaît moins comme un pic isolé que comme le signal d’une économie béninoise entrée dans une phase d’accélération plus profonde, où la diversification sectorielle devient un véritable levier de croissance.

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