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Législatives et communales 2026 au Bénin : ce que proposent les partis politiques sur l’éducation, la formation et l’emploi

Politique, La Marina BJ Ouverte ce 26 décembre 2025, la campagne électorale pour les législatives et communales du 11 janvier 2026 révèle déjà une convergence rare du débat politique béninois autour d’un même socle : l’éducation, la formation et l’emploi. Derrière cette unanimité de façade, les partis en lice déclinent des lectures divergentes du bilan de la dernière décennie et du rôle que devra jouer la prochaine Assemblée nationale.

Entre continuité assumée, rééquilibrage social et rupture revendiquée, la bataille électorale se joue désormais sur la gouvernance du capital humain.

Réformer et réhumaniser le système : la lecture critique de MOELE-Bénin et de la FCBE

Du côté de MOELE-Bénin et de la Force Cauris pour un Bénin Émergent, le constat est clair : les réformes engagées ces dernières années, bien que porteuses de résultats, auraient laissé en marge des dimensions essentielles liées à la qualité de la formation, à la sécurité de l’emploi et à l’ancrage social du système éducatif.

MOELE-Bénin, se réclamant d’une social-démocratie assumée, plaide pour une recentralisation du débat parlementaire autour de « l’humain », avec des propositions structurantes telles qu’une loi-programme de planification sur 50 ans et l’élévation de langues nationales au rang de langues officielles. L’objectif affiché est de corriger ce que le parti perçoit comme une approche trop technocratique du développement.

La FCBE, pour sa part, adopte une posture plus radicale sur le plan institutionnel. Elle remet en cause l’architecture actuelle de gouvernance de l’éducation, critique le statut des aspirants au métier d’enseignant et appelle à une refonte législative du recrutement, de la carrière des enseignants et des œuvres universitaires. Le Diagnostic fait par le parti « montre que les programmes scolaires actuels ( l’approche par compétence) ne sont pas adaptés à nos réalités, l’éducation des minorités (les handicapés toutes catégories confondues) , la gestion des cantines scolaires, la scolarité de la petite enfance, la gestion de la carrière des enseignants, le stages des étudiants, les examens nationaux des étudiants des universités privées, l’éducation civique, la formation professionnelle…sont autant de préoccupations sur lesquels l’exécutif à des choses à revoir selon notre parti.»

Sur l’emploi, elle défend une intervention renforcée de l’État, à travers la priorité nationale à l’embauche et des mécanismes publics de soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat des jeunes. Le parti souhaite également une révision de la loi sur l’embauche.

Consolider les acquis et produire des résultats : la ligne de l’UPR et du BR

S’agissant de l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain, ils inscrivent leurs messages dans une logique de continuité réformatrice. Pour ces deux formations de la mouvance présidentielle, le débat électoral doit s’appuyer sur le bilan d’une décennie marquée, selon elles, par une rupture avec un système éducatif peu productif en emplois.

L’Union Progressiste le Renouveau met en avant la montée en puissance de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, présentée comme la clé d’un basculement durable vers l’emploi. La dématérialisation des concours, les programmes publics d’insertion et l’industrialisation accélérée sont brandis comme des preuves d’une transformation déjà en cours.

Le Bloc Républicain, tout en reconnaissant les fragilités persistantes — notamment la précarité des enseignants et le chômage des jeunes diplômés — privilégie une approche chiffrée et contractuelle. Objectifs de création d’emplois, financement des PME innovantes et réduction mesurable du chômage traduisent une volonté de faire de la prochaine législature une Assemblée de résultats, plus que de débats idéologiques.

Les Démocrates : le pari du vote-sanction et de la rupture politique

Seule formation à inscrire son message dans une logique de rupture frontale, le principal parti d’opposition Les Démocrates dresse un bilan sévère du « régime de la rupture ». Le parti dénonce une politique de l’emploi jugée défavorable aux travailleurs et aux jeunes diplômés, ciblant particulièrement la loi sur l’embauche et la gestion du dossier des aspirants au métier d’enseignant.

Sur le plan éducatif, Les Démocrates évoquent une perte d’attractivité du système scolaire et universitaire, qu’ils associent à un découragement social plus large. Leur stratégie électorale repose sur un mot d’ordre central : éviter un Parlement monocolore et transformer le scrutin du 11 janvier 2026 en vote-sanction contre la majorité sortante, en mobilisant un électorat tenté par l’abstention.

À mesure que la campagne s’installe, une réalité s’impose : au-delà des clivages partisans, l’éducation, la formation et l’emploi sont devenus le terrain principal de légitimation politique. Le verdict des urnes dira si les électeurs privilégient la continuité, la correction sociale ou la rupture, dans un pays où l’avenir de la jeunesse demeure le principal indicateur de crédibilité des projets politiques.

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