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Bénin : nouvelles exigences d’étiquetage énergétique pour les équipements domestiques

Gouvernance, La Marina BJ Exit le décret de 2018 fixant les normes minimales de performance énergétique et le système d’étiquetage énergétique des lampes électriques et climatiseurs. Avec le nouveau décret n° 2025-728 du 3 décembre 2025, le gouvernement béninois ne se contente plus d’encadrer ponctuellement certains équipements, elles installent un dispositif structurant, juridiquement robuste et régionalement intégré, destiné à transformer durablement le marché des équipements domestiques. Décryptage

Le décret de 2018 avait une portée fondatrice. Il introduisait, pour la première fois, des normes minimales de performance énergétique et un système d’étiquetage pour les lampes et les climatiseurs individuels. Entré en vigueur en 2020, ce texte relevait davantage d’une phase d’apprentissage réglementaire, centrée sur la sensibilisation des acteurs et la structuration progressive du marché.

Le décret de 2025 change de nature. En intégrant explicitement les règlements de la CEDEAO et les directives de l’UEMOA, notamment à travers les standards ECOSTAND et les normes internationales de la Commission électrotechnique internationale (CEI), le Bénin inscrit désormais sa régulation dans un espace normatif ouest-africain harmonisé. Ce choix traduit une double ambition de faciliter d’une part la circulation régionale des équipements conformes et renforcer d’autre part la capacité de filtrage du marché national face aux produits énergivores ou techniquement obsolètes.

Un champ d’application élargi aux usages les plus énergivores

L’un des marqueurs les plus visibles de la nouvelle réforme réside dans l’extension du champ d’application. Alors que le dispositif de 2018 se limitait à l’éclairage et à la climatisation, celui de 2025 englobe désormais l’ensemble du froid domestique : réfrigérateurs, congélateurs, caves à vin et appareils combinés.

Parallèlement, le seuil de puissance des climatiseurs concernés est abaissé, passant de 14 kW à 12 kW. Ce resserrement, loin d’être anecdotique, traduit une volonté de cibler plus précisément le cœur de la consommation résidentielle et commerciale, là où les usages pèsent le plus lourdement sur le réseau électrique. En revanche, les produits d’occasion demeurent exclus du dispositif, laissant subsister un angle mort réglementaire dans un marché encore largement informel.

L’étiquetage énergétique, pivot du nouveau dispositif

Au centre de la nouvelle mesure figure l’étiquetage énergétique, désormais conçu comme un véritable outil de régulation. Obligatoire avant toute mise sur le marché, il ne se limite plus à une information statique. L’introduction d’un QR code dynamique permet d’accéder à une base de données officielle recensant les équipements autorisés et leurs caractéristiques techniques, renforçant la traçabilité et la capacité de contrôle.

Autre évolution notable c’est l’ouverture linguistique. Le décret autorise désormais l’usage du français et/ou de l’anglais sur les étiquettes, en cohérence avec la dimension régionale du marché. Surtout, la performance énergétique devient un critère commercial juridiquement contraignant : toute publicité mentionnant le prix d’un équipement doit afficher sa classe énergétique. L’efficacité n’est plus un argument optionnel, mais une donnée structurante de la décision d’achat.

Une gouvernance renforcée et un État exemplaire

Le décret de 2025 innove également sur le terrain institutionnel. Le gouvernement béninois prévoit le partage de sa base de données d’équipements conformes avec les autres États membres de l’UEMOA, afin de lutter contre les flux transfrontaliers de produits non conformes. Cette mutualisation de l’information marque une étape supplémentaire dans la construction d’un marché régional régulé.

Plus significatif encore, le texte introduit une obligation d’exemplarité de l’État : les administrations publiques ne peuvent désormais acquérir, dans le cadre des marchés publics, que des équipements respectant les normes de performance énergétique. La régulation ne s’applique donc plus uniquement au secteur privé ; elle s’impose également à la commande publique.

Importateurs et distributeurs sous responsabilité accrue

Les opérateurs économiques voient leurs obligations clarifiées et durcies. Les importateurs doivent fournir les certificats de conformité à chaque point d’exposition, garantir la cohérence des informations figurant sur les emballages et afficher la classe énergétique sur l’ensemble des supports de communication. Le non-respect de ces exigences expose les équipements à un retrait du marché, renforçant le caractère dissuasif du dispositif.

En abrogeant le décret de 2018, le texte de 2025 ne procède pas à une simple mise à jour. Il consacre un changement de méthode : agir sur la demande électrique par la norme, la transparence et la traçabilité, plutôt que par des mécanismes de subvention coûteux et difficiles à cibler.

Derrière la technicité du dispositif, se dessine une stratégie de long terme. En faisant de l’étiquetage énergétique un levier central de régulation, le régime de la rupture cherche à protéger le consommateur, structurer le marché et accompagner son intégration régionale, tout en répondant aux contraintes croissantes qui pèsent sur son système électrique. Une réforme silencieuse, mais profondément structurante, dont les effets se mesureront autant dans les rayons des commerces que dans l’équilibre du réseau national.

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