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Le Bénin, producteur de pétrole : 2025 est passée, où en est-on ?

Pétrole , La Marina BJ Annoncée en grande pompe pour 2025, la reprise de la production pétrolière nationale au Bénin se fait toujours attendre en ce début d’année 2026. Si les infrastructures sont visibles au large des côtes, des défis techniques et géologiques freinent encore l’extraction du premier baril « 100% Béninois ». En savoir plus sur un rendez-vous presque manqué.

L’effervescence de 2025 a laissé place à une attente prudente. Souvenez-vous : fin 2024 et tout au long de l’année écoulée, le gouvernement béninois, par la voix du ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines de l’époque, Samou Adambi, multipliait les assurances. Le pays devait officiellement redevenir producteur de brut avant le 31 décembre 2025, mettant fin à près de trois décennies de sommeil pétrolier. Pourtant, alors que nous entamons 2026, les compteurs de production du Bloc 1 de Sèmè-Kraké affichent toujours zéro.

Tout semblait prêt

Pour l’observateur non averti, le Bénin est déjà un carrefour pétrolier. Au terminal de Sèmè-Kraké, les pétroliers géants se succèdent pour charger le brut nigérien transporté par le méga-pipeline Niger-Bénin. Mais ce pétrole n’est que de passage. La véritable ambition du gouvernement du président Patrice Talon est ailleurs : extraire son propre brut du champ offshore de Sèmè, autrefois exploité dans les années 80 avant d’être abandonné en 1998.

Sur le papier, tout semblait prêt. L’opérateur Akrake Petroleum, filiale du groupe singapourien Rex International, a mobilisé des moyens colossaux. Le 19 novembre 2025, le pays célébrait une importante étape avec la réception d’une unité mobile de production offshore (MOPU) et d’un navire de stockage (FSO). Ces installations, véritables usines flottantes, seraient bien en place. Alors, qu’est-ce qui coince ?

Le défi du sous-sol

Si le silence radio a longtemps prévalu du côté des autorités locales sur le retard du calendrier, la lumière est venue de Singapour. Dans un communiqué de presse publié le 24 décembre 2025, la société Rex International Holding, dont la filiale Akrake Petroleum détenant une participation de 76 % dans le champ de Sèmè situé dans le bloc 1, a apporté des précisions cruciales. Dans le communiqué consulté par La Marina BJ, l’opérateur y admet que la campagne de forage, entamée en août 2025 avec la plateforme Borr Gerd, a rencontré d’importantes « difficultés techniques ». Le document précise que « la production ne débutera pas en 2025. Néanmoins, les opérations de forage se poursuivent actuellement afin de tenter de résoudre ces problèmes.»

Selon nos informations, le défi se situe au niveau du réservoir cible, l’horizon H6. Pour extraire les 15 000 à 16 000 barils quotidiens prévus, l’opérateur doit finaliser des forages horizontaux de haute précision. Selon notre spécialiste à la rédaction, cette phase est la plus critique car une erreur de manipulation pourrait compromettre la pression du gisement pour les décennies à venir. Alors plutôt que de risquer un accident technique ou une dégradation prématurée du gisement, une erreur qui avait coûté cher au pays dans les années 90, Akrake Petroleum a choisi la voie de la prudence, quitte à glisser sur le calendrier 2026.

Une année 2026 décisive

Si le retard devrait agacer une opinion publique impatiente de voir les retombées économiques promises, les experts du secteur restent optimistes. Le fait que les infrastructures de stockage et de production soient déjà sur zone indique que le projet est en phase terminale de préparation. De ce qu’on sait, pour l’exécutif béninois, l’enjeu dépasse la simple extraction. Il s’agit de s’assurer que la nouvelle Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et le cadre fiscal mis en place permettent au pays de tirer profit de chaque goutte extraite, sans dépendre exclusivement des droits de transit du voisin nigérien.

Le verdict est sans appel, le Bénin n’est plus qu’à quelques réglages techniques de son rêve pétrolier. Mais en mer, c’est la géologie qui dicte sa loi, pas le calendrier politique. 2026 sera, sans nul doute, l’année où le Bénin saura enfin s’il peut transformer l’essai et s’asseoir durablement à la table des nations productrices.

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