Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Libertés publiques, médias et citoyenneté au Bénin : l’autre grand oral des partis pour la 10ème législature

Politique, La Marina BJ À moins d’une semaine des législatives du 11 janvier 2026, l’heure n’est plus aux civilités. Profitant du « temps d’antenne » offert par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), les cinq formations politiques engagées ont présenté leurs propositions sur la thématique « Libertés publiques, médias et société civile ». Ce passage innovant détaille une fois encore les réformes législatives envisagées par chaque camp.

Pour cette séquence médiatique orchestrée par la HAAC, le thème était pourtant policé, à savoir « Libertés publiques, médias et société civile ». Mais sur le terrain de la communication politique, le ton est tout sauf académique. Si la mouvance présidentielle met l’accent sur la consolidation du cadre juridique existant, l’opposition centre ses propositions sur la révision des lois votées sous la mandature actuelle.

Pour le parti d’opposition « Les Démocrates », l’accent est mis sur une rupture avec la pratique législative des dernières années. Pour la formation dirigée par l’ancien président Boni Yayi, le Code du numérique voté sous l’actuel régime est un « instrument de répression » envoyant les voix critiques devant la CRIET ou sur les chemins de l’exil. « Le peuple est sans défenseur », martèle le parti, déplorant une société civile « mise en quarantaine ». Une fois siégeant au prochain parlement, le parti propose la révision du Code du numérique pour limiter les poursuites judiciaires liées à la liberté d’expression, ainsi que la restauration du rôle des contre-pouvoirs syndicaux et associatifs.

De son côté, la FCBE (Forces Cauris pour un Bénin Émergent) trouve que : « ces dernières années, nous avons assisté à une série d’événements regrettables sur la scène nationale qui donnent l’impression d’une remise en cause des fondamentaux de la démocratie et d’un non-respect des libertés individuelles et collectives. » Le parti d’opposition déploie un programme axé sur la restructuration des institutions judiciaires. Ses priorités incluent la dépolitisation du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), la relecture du Code du numérique et du Code de l’information « puis encourager l’État à élaborer un partenariat clair avec la presse dont il faudra assurer la professionnalisation des acteurs. »

Défense d’une « liberté responsable » pour la mouvance présidentielle

Les partis soutenant l’action gouvernementale axent leur communication sur la pérennisation des réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du régime de la Rupture du président Patrice Talon. L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) défend le cadre juridique en vigueur, notamment la loi de 2025 sur les associations et les réformes sur le droit de grève. Pour l’UPR, l’enjeu est désormais la « viabilité économique » et la « modernisation » des entreprises de presse plutôt que la modification des textes. « Nous continuerons à travailler avec toutes les forces vives pour renforcer leur rôle au service du dialogue démocratique », ajoute le parti.

Le Bloc Républicain (BR) se positionne sur une ligne de « démocratie moderne ». Son agenda législatif prévoit une meilleure conciliation entre les impératifs de sécurité nationale et le respect des droits fondamentaux, la mise en place de programmes nationaux d’éducation civique sur le numérique et la formation des citoyens à un usage responsable des réseaux sociaux. S’agissant des médias, le parti « propose de renforcer l’écosystème médiatique par la formation continue des professionnels, le respect strict des normes en vigueur et l’intégration des enjeux du numérique. » Dans son message sur cette thématique, le BR annonce qu’une fois au parlement, « des programmes axés sur la déontologie, la cybersécurité et l’accompagnement-conseil sont également envisagés. »

Se distinguant par une approche axée sur la méthode, le parti Moele-Bénin propose une intégration plus directe de la société civile dans le processus législatif. Pour « MOELE-BÉNIN, la démocratie ne se résume pas à des élections régulières ». La formation du ministre-conseiller Jacques Ayadji s’engage, une fois au parlement, à instaurer des « cadres permanents de concertation » afin que les préoccupations des citoyens soient systématiquement consultées avant le vote des lois à l’Assemblée nationale. Parlant de la presse, le parti des « jeunes » affirme que : « les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans intimidation ni censure, dans le strict respect de l’éthique et de la déontologie, conditions essentielles à une information crédible et utile aux citoyens. »

Espérons que, le 11 janvier 2026, les électeurs béninois ne choisiront pas seulement des députés, mais qu’ils arbitreront entre une vision où la loi encadre strictement l’expression au nom du développement et de la sécurité, et une vision qui réclame un retour aux fondamentaux libertaires de la Conférence nationale de 1990.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

Au Bénin, le business des colis pèse désormais plus d’un milliard de FCFA par trimestre

Suivant

BRVM-ACTIONS : Le trio béninois face au vent de correction de la nouvelle année

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant