Politique, La Marina BJ – Au cœur de la campagne pour le scrutin du 11 janvier 2026, la thématique « Défense et Sécurité » a révélé un clivage déterminant entre les partis politiques. Si la majorité présidentielle prône la consolidation de la Police Républicaine, une partie de l’opposition propose un retour au modèle traditionnel avec la restauration de la Gendarmerie nationale.
Depuis 2016, le paysage sécuritaire béninois a été profondément transformé par une réforme structurelle décisive : la fusion de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale pour créer la Police Républicaine. À l’occasion du grand oral des partis pour la 10ème législature, cette force unique, pilier du régime du président Patrice Talon, se retrouve au centre des programmes électoraux.
La majorité défend le modèle de la force unique
Pour l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), l’efficacité de la Police Républicaine n’est plus à démontrer. L’UPR souligne que cette fusion a permis une mutualisation des ressources humaines et une mise en commun des moyens logistiques, aboutissant à une baisse drastique du grand banditisme et à la suppression des tracasseries routières. Pour l’UPR, revenir sur ce modèle serait un retour en arrière préjudiciable à la mobilité des biens et des personnes. Le parti majoritaire de la neuvième législature s’engage ainsi à « continuer d’explorer toutes mesures législatives nécessaires au service de notre sécurité collective ».
Le Bloc Républicain complète cette vision en insistant sur la nécessité de moderniser le secteur sécuritaire, « tout en respectant les standards démocratiques et les réalités nationales ». Le BR s’engage également à promouvoir, lors de la dixième législature, « un cadre légal protecteur, garant des droits fondamentaux et fondé sur un contrôle parlementaire renforcé des actions menées sur le terrain ».
L’opposition veut briser le monopole sécuritaire
À l’opposé des deux principaux partis de la majorité présidentielle, le parti « Les Démocrates » propose une mesure de rupture : la restauration de la Gendarmerie nationale. Selon leur programme, cette force serait réhabilitée pour assurer la sécurité en zones rurales, tandis que la Police nationale se concentrerait sur les centres urbains. Cette réorganisation territoriale vise, selon le parti, à garantir une efficacité décisionnelle accrue et une proximité réelle avec les populations rurales.
La FCBE, de son côté, pointe des frustrations persistantes au sein des rangs depuis la fusion. Le parti suggère de légiférer prioritairement sur l’amélioration des statuts et des conditions de travail du personnel pour apaiser les tensions internes et accroître la performance des agents sur le terrain.
Le consensus sur la prise en charge des soldats au front
Si l’architecture des forces divise, un consensus semble se dégager sur le volet social des forces de défense et de sécurité (FDS), particulièrement dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme violent au Nord. L’UPR met en avant son bilan législatif sur la prise en charge des victimes en missions commandées, tandis que la FCBE et Moele-Bénin s’engagent à voter des lois pour une protection accrue des familles des agents déployés au front. Le parti de Jacques Ayadji insiste également sur le concept de « coproduction de la sécurité », liant l’efficacité opérationnelle au dialogue direct entre les institutions, les forces de sécurité et les citoyens.
Pour les électeurs béninois, le choix du 11 janvier 2026 déterminera le visage de la sécurité intérieure pour les années à venir. D’un côté, le maintien d’une force unifiée et centralisée ; de l’autre, un retour à une séparation des corps pour une spécialisation géographique. Dans un contexte de menaces terroristes persistantes, cette décision législative sera l’un des piliers de la stabilité nationale.
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