Gouvernance, La Marina BJ – Si la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, ce 19 janvier 2026, semble n’être qu’une formalité administrative, elle cache en réalité un travail d’orfèvre. Pendant deux jours, les « sept sages » ont passé au peigne fin des milliers de procès-verbaux et de feuilles de dépouillement. Signatures manquantes, erreurs de report ou discordances de chiffres, dans sa décision EL 26-001, la Cour lève le voile sur les réalités du terrain et explique pourquoi, malgré les imperfections, le verdict des urnes reste inattaquable.
Le Palais des Gouverneurs de Porto-Novo s’apprête à accueillir les 109 élus de la 10e législature. Mais avant d’en arriver là, les sept conseillers de la Cour constitutionnelle ont dû se muer en experts-comptables et en inspecteurs de terrain. La décision rendue ce lundi détaille les coulisses d’un contrôle juridictionnel rigoureux.
Un inventaire sans complaisance
Pour statuer sur la validité du scrutin du 11 janvier, la Cour ne s’est pas contentée des chiffres transmis par la CENA. Elle a examiné l’intégralité des procès-verbaux (PV) de déroulement, les feuilles de dépouillement, les bulletins présumés nuls et les rapports des délégués assermentés.
Cet examen minutieux a révélé une liste impressionnante d’anomalies matérielles dans certains postes de vote, notamment l’absence pure et simple de PV de déroulement ou de feuilles de dépouillement dans certains plis, le mauvais remplissage des documents électoraux, ainsi que l’absence de mention du nombre d’émargements et de votes par dérogation. De plus, la Cour a relevé des discordances entre le nombre d’inscrits et de votants, ainsi que des confusions entre les suffrages valablement exprimés et le nombre total de votants.
Le « casse-tête » des pictogrammes
L’une des révélations les plus marquantes concerne la gestion du décompte manuel. Les juges ont constaté un « défaut de décompte des voix par pictogrammes » et, plus grave encore, des incohérences manifestes entre ces pictogrammes (bâtons de comptage) et les chiffres arabes reportés sur les documents officiels. Ces erreurs de report sont souvent à l’origine des écarts constatés entre les résultats provisoires et définitifs.
D’autres erreurs ont été relevées, telles que le retard dans le démarrage du scrutin, le défaut d’indication du code d’identification de certains bureaux, ou encore la confusion entre bulletins nuls et bulletins valides. Enfin, des problèmes de signatures de mandataires et la non-transmission de certains plis par la CENA ont également été notés.
Face à ces manquements, la Cour a dû agir par des annulations de votes ou des redressements ciblés de vote. Toutefois, selon les sages, si ces anomalies ont affecté les résultats des postes de vote concernés, elles n’ont pas été jugées « de nature à compromettre la sincérité et la transparence du scrutin » à l’échelle nationale. C’est sur cette base que la validité de l’élection a été confirmée. L’étape technique étant franchie, le débat est désormais politique, avec une dixième législature dominée par l’UP-R (60 sièges) et le BR (49 sièges), en l’absence de l’opposition faute d’avoir atteint les seuils d’éligibilité.
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