Coton, La Marina BJ – Le compte à rebours est lancé dans les bassins cotonniers du Bénin. Alors que la collecte, entamée officiellement le 17 octobre 2025, entre désormais dans sa phase la plus critique, l’ensemble de la filière retient son souffle. Avec une date de clôture fixée au 30 avril 2026, les acteurs du secteur ne disposent plus que de quelques semaines pour transformer les ambitions initiales en résultats concrets. Entre des rendements records et une pression concurrentielle régionale accrue, le Bénin se trouve à un tournant décisif pour confirmer son rang sur l’échiquier de l’or blanc africain.
À la fin du mois de décembre 2025, les données compilées par le Programme Régional de Production Intégrée du Coton en Afrique dessinent un paysage de résilience pour l’agriculture béninoise. La force du modèle national repose sur une mobilisation massive de 158 897 producteurs, structurés efficacement au sein de 1 975 groupements villageois. Cette organisation a permis de mettre en valeur 510 897 hectares de terres, représentant une exécution majeure des prévisions de début de campagne. Cette dynamique est principalement portée par les semis de cycle intermédiaire qui occupent 356 852 hectares, soutenus par un équilibre stratégique entre les variétés précoces et les cultures plus tardives.
Le véritable enseignement de cette campagne réside dans la productivité exceptionnelle observée au champ. Avec un rendement moyen projeté à 1 267 kilogrammes par hectare, la campagne béninoise affiche une santé agronomique qui surclasse la majorité de ses voisins. Cette performance n’est pas le fruit du hasard mais résulte d’un encadrement technique rigoureux et d’une gestion optimisée des exploitations, où chaque producteur exploite en moyenne trois hectares. Cette intensification de la production permet au pays d’envisager sereinement son objectif global de 647 290 tonnes de coton graine, consolidant ainsi la viabilité économique de la filière pour les milliers de ménages ruraux qui en dépendent.
Quid des voisins ?
Dans le match qui l’oppose aux autres puissances cotonnières de la zone, le Bénin confirme une avance stratégique notable selon les statistiques consultées par La Marina BJ. Si le Mali dispose pour cette campagne d’un nombre de producteurs plus important avec 203 874 exploitants, ses prévisions de production globale de 433 700 tonnes restent largement inférieures à la dynamique béninoise. De son côté, le Burkina Faso peine pour l’instant à suivre le rythme avec un rendement moyen de 861 kilogrammes par hectare pour une prévision de coton graine évaluée à fin décembre à 336 812 tonnes.
En comparaison, la Côte d’Ivoire maintient une position honorable avec une production de 317 000 tonnes, mais sans atteindre la puissance de feu volumétrique du Bénin. Au sein du PR-PICA, seul le Cameroun affiche une productivité supérieure de 1 424 kilogrammes à l’hectare, mais sur une échelle de production nationale (281 500 tonnes) bien moins vaste que celle de Cotonou.
Le sprint final vers l’échéance d’avril
Malgré ces indicateurs encourageants, les prochains mois s’annoncent déterminants pour valider définitivement le succès de la campagne. La priorité absolue demeure l’accélération de la collecte et de l’évacuation des produits vers les usines d’égrenage afin d’éviter toute dégradation de la fibre avant la fin du mois d’avril. Au Bénin, le maintien du prix d’achat à 300 francs CFA pour le coton de premier choix constitue, selon nos informations, le principal moteur de motivation pour les producteurs, garantissant une qualité optimale de la récolte.
Si ce rythme de mobilisation se maintient sans accroc logistique majeur, le Bénin est bien parti pour non seulement atteindre ses objectifs, mais surtout pour asseoir durablement sa domination sur le marché ouest-africain.
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