Politique, La Marina BJ — À la suite de la confirmation d’un conseil communal 100 % mouvance, l’heure est à l’analyse de la nouvelle carte politique locale du Bénin. Entre hégémonie maintenue et percées spectaculaires, l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR) dessinent une gouvernance locale bicolore quasi paritaire. En savoir plus.
Après la proclamation des résultats définitifs par la CENA et en attendant d’éventuels recours devant la Cour Suprême, le verdict est sans appel pour les sept prochaines années. Les collectivités territoriales du Bénin seront gérées par deux blocs qui se tiennent dans un mouchoir de poche. Sur l’ensemble du territoire, l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) dirigera 39 communes, tandis que le Bloc Républicain (BR) en prend le contrôle de 38. Derrière cet équilibre numérique, la bataille des chiffres révèle des basculements stratégiques majeurs, notamment dans les centres urbains.
Du 50/50 pour les villes à statut particulier
C’est le fait saillant de ce scrutin du 11 janvier 2026. Le partage des quatre villes à statut particulier reflète la nouvelle bipolarisation politique du pays. Si l’UPR maintient son bastion de Cotonou avec une avance confortable de 34 conseillers contre 15, le Bloc Républicain réalise un coup de maître en s’emparant des deux autres métropoles.
À Cotonou, l’UPR prend le contrôle de l’ensemble des arrondissements, du 1er au 13e. À Porto-Novo, la capitale administrative vire au blanc puisque le BR l’emporte avec 18 conseillers contre 15 pour l’UPR, délogeant ainsi son partenaire de la mouvance présidentielle. Au niveau des arrondissements de la capitale administrative, les premier, troisième et quatrième sont gagnés par le BR, tandis que les deuxième et cinquième reviennent à l’UPR.
À Parakou, déjà contrôlée par le BR depuis 2020, la métropole du Septentrion confirme son ancrage républicain avec 20 conseillers contre 13. Les trois arrondissements de la ville sont tous remportés par le Bloc Républicain. Il faut toutefois noter que la cité géante d’Abomey-Calavi reste dans l’escarcelle de l’UPR, qui y maintient sa domination avec 30 conseillers contre 19 pour le BR. Sur les arrondissements d’Abomey-Calavi, six seront contrôlés par l’Union Progressiste le Renouveau, notamment le premier arrondissement et celui de Godomey. Du côté du BR, seuls trois arrondissements sont gagnés dans cette commune, à savoir Hêvié, Glo-Djigbé et Kpanroun.
Les bastions républicains
Le Bloc Républicain doit son score historique de 38 communes à une discipline électorale de fer dans ses fiefs. Le parti au cheval blanc, présidé par le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané, réalise le « Grand Chelem » en remportant 100 % des communes dans deux départements clés : le Borgou (8 communes sur 8) et la Donga (4 communes sur 4).
Le BR s’impose également comme une force de premier plan dans le Couffo, historiquement acquis à l’UPR, où il gagne cinq communes sur six à savoir Aplahoué (17 conseillers sur 29), Dogbo (13 conseillers sur 25), Lalo (14 conseillers sur 25), Toviklin (11 conseillers sur 19) et Klouékanmè (14 conseillers sur 25). La seule commune gagnée par l’UPR dans le département du Couffo est celle de Djakotomey avec 14 conseillers sur 25.
Cette dynamique de victoire du BR se confirme également dans l’Atacora avec 6 communes sur 9, dont la ville de Natitingou, ainsi que dans les Collines où le parti s’adjuge 4 communes sur 6.
Une résistance de l’UPR ancrée dans le reste du Sud
Malgré la perte symbolique de la commune Porto-Novo dans l’Ouémé et de Lokossa (14 conseillers pour le BR contre 11 pour l’UPR) dans le Mono — département néanmoins contrôlé par l’UPR avec 4 communes sur 6 — l’UPR sauve sa place de première force numérique grâce à un ancrage profond et historique dans le reste du Sud.
Le parti de la vague jaune, présidé par Me Joseph Djogbénou, a su verrouiller le département du Zou avec l’intégralité des 9 communes. Il maintient une présence hégémonique dans l’Atlantique (6 communes sur 8) ainsi que dans la majorité des communes de l’Ouémé (5 communes sur 9). Dans le Plateau, quatre communes sur cinq sont gagnées par l’Union Progressiste le Renouveau. Au nord du Bénin, le seul département contrôlé par l’UPR est celui de l’Alibori avec 4 communes sur 6.
C’est cette solidité territoriale dans les zones méridionales et centrales du pays qui a permis à l’UPR de conserver sa légère avance d’une commune sur son poursuivant immédiat. Avec seulement une mairie d’écart entre les deux formations, la gestion des 77 communes du Bénin s’annonce comme un exercice de saine émulation au sein de la mouvance présidentielle. L’absence de l’opposition radicale (Les Démocrates) et l’échec de la FCBE placent désormais l’UPR et le BR face à leurs responsabilités pour prouver que cette bipolarisation est un moteur de développement. Alors que les regards se tournent vers l’installation des nouveaux maires dans les deux prochaines semaines, les défis techniques et politiques s’imposent désormais à ces nouveaux architectes du développement local.
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