Coopération, La Marina BJ– Présente aux côtés du Bénin depuis 1981, la Suisse ouvre un nouveau chapitre de son partenariat historique. Après un cycle 2022-2025 marqué par des avancées structurelles majeures, la Direction du développement et de la coopération (DDC) lance son nouveau programme 2026-2029. Doté d’une enveloppe indicative de 79 millions de CHF, soit environ 54,5 milliards de FCFA, ce plan réajuste les priorités pour répondre à l’urgence sécuritaire et climatique, avec l’ambition de consolider les acquis pour mieux protéger l’avenir.
Le cycle 2022-2025 qui s’achève laisse derrière lui des fondations solides grâce à une approche qui a permis d’obtenir des résultats durables dans plusieurs secteurs vitaux. Sur le plan institutionnel, l’appui à la décentralisation a conduit à une hausse significative des transferts financiers vers les communes, renforcée par une culture de redevabilité publique et un soutien notable au renforcement des médias et de l’accès à l’information.
En matière de transformation économique rurale, l’action helvétique a été déterminante dans l’adoption du nouveau code pastoral et l’amélioration de la productivité agricole, tout en favorisant l’entrepreneuriat féminin dans l’économie verte et l’usage de matériaux locaux adaptés au climat. Dans le domaine du capital humain, les alternatives éducatives et la modernisation de la formation professionnelle ont permis d’aligner les compétences des jeunes sur les besoins réels du marché, améliorant nettement les taux d’insertion et les résultats aux examens nationaux.
Une nouvelle stratégie recentrée sur deux piliers stratégiques
Fort de ces enseignements, le nouveau programme 2026-2029 adapte sa stratégie pour répondre aux vulnérabilités persistantes du pays. La Suisse concentre désormais ses investissements de 54,5 milliards de FCFA sur deux axes majeurs à savoir la gouvernance et la paix, ainsi que l’économie et le renforcement des compétences.
Le premier pilier vise à maintenir des services de base performants et à renforcer la cohésion sociale, avec un appui spécifique prévu pour les institutions électorales en vue des scrutins de 2026 afin de garantir un processus inclusif. Le second pilier mise sur l’insertion professionnelle durable, l’agroécologie et la mise en place d’une assurance agricole climatique, un outil innovant conçu pour sécuriser les revenus des exploitations familiales face aux aléas météorologiques de plus en plus fréquents.
Le Nord au cœur des priorités et de la résilience
Le changement de paradigme le plus marqué concerne le focus géographique, désormais dicté par la dégradation de la situation sécuritaire régionale. La Suisse concentre prioritairement ses interventions sur les quatre départements septentrionaux : l’Atacora, l’Alibori, le Borgou et la Donga.
Cette approche territoriale renforcée vise à créer un rempart contre l’instabilité par le développement économique local, la réduction des facteurs structurels de conflits et l’amélioration de l’accès aux services sociaux. En intégrant systématiquement l’égalité des genres et la sensibilité aux conflits comme thèmes transversaux, la Suisse réaffirme sa position de partenaire stratégique de proximité, capable de transformer une coopération de longue date en un levier de résilience face aux défis contemporains du Bénin.
Avec la contribution de Noé William HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur LMBJ)
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