Prix de la consommation, La Marina BJ – Alors que les pressions inflationnistes mondiales persistent, le Bénin amorce l’année avec une bouffée d’oxygène. En janvier 2026, le niveau général des prix a enregistré un repli de 0,2 %, porté par une production locale de saison particulièrement généreuse.
Selon le bulletin mensuel de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) publié par l’INStaD le lundi 9 février 2026, la vie chère marque une pause au Bénin. Si l’indice global s’établit à 101,6 contre 101,8 en décembre, ce léger recul cache une dynamique structurelle essentielle : le rôle de soupape de sécurité joué par le secteur agricole national.
L’oignon et la carotte, champions de la baisse
Le principal moteur de ce reflux est sans conteste la division « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées », dont les prix ont chuté de 0,5 % en un mois. Au cœur de cette performance, la sous-classe des « Autres légumes » affiche un plongeon spectaculaire de 18,2 %. Cette baisse n’est pas le fruit du hasard, mais celui de la pleine saison de l’oignon frais et des carottes, qui inondent actuellement les étals des marchés béninois.
Cette abondance saisonnière permet de compenser d’autres tensions, notamment sur les produits de la mer. Sans l’apport de ces cultures maraîchères, l’inflation aurait pu être tirée vers le haut par les « Poissons et autres fruits de mer », qui ont grimpé de 5,4 % sur la même période.
Le “Made in Bénin” contre les chocs importés
L’analyse de la provenance des produits souligne la résilience de l’offre locale. En variation mensuelle, les prix des « Produits locaux » ont diminué de 0,4 %. À l’inverse, les « Produits importés » continuent de subir des pressions à la hausse avec une augmentation de 0,3 %. Cette tendance se confirme sur le trimestre, le secteur primaire, socle de la production locale, a vu ses prix baisser de 2,0 %, contribuant activement à stabiliser le pouvoir d’achat face à la stagnation des prix des produits manufacturés (secteur secondaire).
Malgré cette accalmie, la vigilance reste de mise. Si l’on exclut les produits saisonniers et énergétiques (inflation sous-jacente), l’indice progresse de 0,1 %. De plus, sur une année glissante, le coût du logement, de l’eau et de l’énergie affiche une hausse préoccupante de 6,4 %. Pour l’heure, le Bénin respecte les critères de convergence de l’UEMOA avec un taux d’inflation moyen annuel de 1,2 % à fin janvier 2026. Un résultat qui doit beaucoup à la terre et à la saisonnalité, rappelant que la souveraineté alimentaire reste le premier rempart contre l’inflation importée.
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