Bourse, La Marina BJ — La place financière régionale a démarré la deuxième semaine pleine de février 2026 sur les chapeaux de roues, pulvérisant ses propres sommets historiques. Dans un marché global dopé par un rallye industriel, le contingent béninois a toutefois choisi la voie de la tempérance. Entre une Bank of Africa qui consolide ses positions et une Loterie Nationale en quête de second souffle, les valeurs béninoises semblent marquer une pause stratégique, observant de loin l’envolée des indices.
Lors de la séance du lundi 9 février 2026 à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). L’indice Composite a bondi de +1,19 %, propulsant la capitalisation boursière globale à un niveau stratosphérique de 14 532 milliards de FCFA. Ce dynamisme a été soutenu par un volume d’échanges massif dépassant les 4,2 millions de titres, porté par un secteur industriel ivoirien en ébullition avec des performances spectaculaires signées Sode CI (+7,48 %) et Setao (+7,43 %). Dans ce concert de hausses généralisées, les actifs béninois ont cependant adopté une posture beaucoup plus défensive, privilégiant la stabilité à l’euphorie.
Un secteur bancaire en mode observation
La Bank of Africa Bénin (BOA BN), locomotive habituelle du pôle financier de Cotonou, a fait preuve d’une stabilité exemplaire à 6 965 FCFA. Malgré une activité transactionnelle soutenue, plus de 26 millions de FCFA injectés sur le titre pour 3 827 actions échangées, la valeur n’a affiché aucune variation. Ce surplace au sommet, alors que le compartiment Prestige progressait de +0,92 %, indique une phase de consolidation saine après les records de janvier.
À ses côtés, la BIIC Bénin a tenté une incursion timide dans le vert en s’adjugeant +0,20 % pour se fixer à 4 950 FCFA. Bien que modeste, ce mouvement permet à l’établissement de stabiliser sa variation annuelle et de rassurer les porteurs sur sa capacité de résistance.
Le paradoxe de la LNB
Le bémol de la journée pour le contingent national vient de la Loterie Nationale du Bénin (LNB), qui continue de naviguer en eaux troubles. Alors que 27 titres de la cote finissaient en hausse, la LNB a figuré parmi les cinq plus fortes baisses de la journée (3ème sur 8 titres en baisse) avec un repli de -1,02 %. En retombant à 3 900 FCFA dans un volume d’un peu plus de 1 000 titres, la valeur voit sa contre-performance annuelle s’accentuer à -9,29 %. Ce désalignement par rapport à la tendance euphorique du marché souligne une fragilité persistante du titre, qui peine à transformer ses rendements attractifs en levier de croissance immédiate.
En somme, cette séance d’ouverture hebdomadaire consacre une BRVM à deux vitesses. D’un côté, un marché régional qui s’envole, porté par l’agro-industrie (+3,57 %) et les consommations de base (2,2 %); de l’autre, un “trio béninois” qui joue la carte de la prudence institutionnelle. Si la BOA BN confirme sa liquidité et son statut de valeur refuge, la LNB doit encore prouver sa capacité à s’arrimer durablement au train de la croissance régionale. Pour les investisseurs des titres béninois, le mot d’ordre semble être la vigilance, dans l’attente de nouveaux signaux fondamentaux capables de réveiller la dynamique locale.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.