Statistiques, La Marina BJ – En enregistrant un bond de 34,7 % de ses ventes à l’international au dernier trimestre 2025, le Bénin confirme la résilience de son modèle agro-exportateur. Entre l’omniprésence du coton et une dépendance stratégique accrue vers les marchés asiatiques, le marché béninois dessine les contours d’une nouvelle géographie commerciale.
Le dernier bulletin de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), publié le 11 février 2026, révèle une dynamique contrastée pour l’économie béninoise. Alors que les importations amorcent un repli de 9,0 %, les exportations ont atteint 122,687 milliards de FCFA sur les trois derniers mois de l’année 2025. Ce redressement spectaculaire, après un troisième trimestre morose, repose sur un socle immuable : la performance du secteur cotonnier et l’appétit insatiable des industries textiles d’Asie du Sud.
Le coton, locomotive exclusive de la croissance
Le « miracle » exportateur de cette fin d’année tient en un chiffre : 47,7 %. C’est la part du coton non cardé dans la valeur totale des expéditions béninoises. Avec 58,57 milliards de FCFA générés en un seul trimestre, la fibre blanche a contribué à hauteur de 17 points de pourcentage à la hausse globale des ventes. Derrière ce géant, les fruits à coque (noix de cajou) pour 10,625 milliards de FCFA et les tourteaux pour 9,455 milliards de FCFA tentent de maintenir une certaine diversité, mais le constat reste sans appel, l’économie nationale demeure intrinsèquement liée aux cycles de l’or blanc.
La cartographie des échanges souligne un basculement historique. L’Asie capte encore 64,1 % des exportations béninoises, reléguant l’Europe et l’Afrique au rang de partenaires secondaires. Dans ce paysage, le Bangladesh s’impose comme le véritable hub de destination avec 35,9 % des parts de marché, devant l’Inde (11,5 %). Cette relation bilatérale, quasi exclusivement centrée sur la fourniture de coton, fait de Dhaka le partenaire le plus crucial pour la balance commerciale de Cotonou, bien loin devant les voisins de la CEDEAO qui ne captent que 7,4 % des flux sortants.
La facture alimentaire, ce fardeau persistant
Malgré la baisse globale des importations (-11,2 % en glissement annuel), le profil des achats souligne les fragilités structurelles du pays. Le riz semi-blanchi reste le premier poste de dépense, représentant 20,4 % des importations totales, soit 74 milliards de FCFA injectés principalement vers le marché indien. Couplé aux produits pétroliers (8,6 %) et aux viandes de volailles (3,9 %), ce triptyque de consommation illustre le défi persistant de la souveraineté alimentaire et énergétique, malgré la vitalité des exportations agricoles.
Si le taux de couverture des échanges s’améliore mécaniquement avec la hausse des ventes, l’analyse des données corrigées des variations saisonnières (CVS) appelle à la prudence. En valeur désaisonnalisée, les exportations affichent un léger recul de 1,5 % par rapport à fin 2024. Pour les décideurs béninois selon notre spécialiste à la rédaction, l’enjeu de 2026 ne sera pas seulement de vendre davantage, mais de transformer localement cette production pour réduire la dépendance aux cours mondiaux et aux fluctuations de la demande asiatique.
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