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Soft Power 2026: Entre l’éruption du Sahel et l’érosion des leaders, quelle place pour le pivot béninois ?

Réputation, La Marina BJ Alors que le dernier rapport de Brand Finance consacre une « déflation des sentiments » à l’échelle mondiale, l’Afrique de l’Ouest devient le théâtre d’une redistribution brutale des cartes de l’influence. Entre l’effritement des leaders historiques de l’UEMOA et l’éruption médiatique du Sahel, le Bénin se fraye un chemin singulier. Décryptage.

Le cru 2026 du Global Soft Power Index ne fait pas de cadeaux aux certitudes établies. Si les États-Unis, avec un score de 74,9 (en recul de 4,6 points), vacillent au sommet, c’est en Afrique de l’Ouest que les lignes de fracture sont les plus révélatrices d’un monde en mutation.

La fin de l’hégémonie des « modèles » côtiers

Pendant une décennie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont incarné le Soft Power « à l’occidentale » : croissance, diplomatie libérale et attractivité des investissements. Pourtant, en 2026, la machine semble gripper. La Côte d’Ivoire (104e contre 94e l’année dernière), avec un score de 33,3, accuse un recul de 0,8 point, suivie de près par un Sénégal (106e contre 102e) dont le score de 33,1 s’érode également de 0,4. Même le Ghana (95e contre 90e il y a un an), jadis phare de la CEDEAO, ne résiste pas à la correction générale (-0,7 point) pour s’établir désormais à un score de 34,1.

Dans ce paysage en berne, la résilience du Bénin interpelle. Avec un score de 26,7 (+0,9) et un gain d’une place au classement général (162e), le pays ne se contente pas de résister ; il progresse structurellement. Pour le cabinet WE Connector, « là où ses voisins perdent en capital sympathie ou en crédibilité institutionnelle, le Bénin consolide ses acquis ».

Le pivot béninois face au Soft Power du Sahel

Le véritable séisme de ce rapport vient de l’hinterland. Le Burkina Faso (143e) signe la performance la plus spectaculaire avec une envolée de +4,3 points, bondissant de la 166e place l’an dernier au 143e rang. Le Mali (123e) confirme cette tendance avec une progression de 1,2 point. Cette percée n’est pas économique, elle est narrative, juge le cabinet WE Connector. En jouant la carte de la souveraineté et d’un leadership de rupture, ces nations ont capté l’imaginaire mondial. Toutefois, WE Connector avertit que cette influence, faute de piliers éducatifs et scientifiques solides, reste « liquide » et volatile.

Le Bénin se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Il ne possède ni la force de frappe démographique du Nigeria (71e), qui remonte en puissance (+1), ni la radicalité narrative du bloc sahélien. Mais il détient ce que les autres perdent à savoir une trajectoire de croissance de réputation constante. L’augmentation du score du Bénin (+0,9), alors que les poids lourds de l’UEMOA dévissent, prouve que la stratégie béninoise de transformation est désormais visible sur les radars internationaux. Cependant, l’analyse du cabinet WE Connector pour La Marina BJ souligne aussi une urgence, dans un monde où la Chine (2e), avec un score de 73,5, au coude à coude désormais avec les États-Unis sur le terrain de la réputation pure, la « neutralité » ou la « discrétion » ne suffisent plus.

Le passage à l’offensive

L’analyse des chiffres est formelle selon le cabinet WE Connector : le Soft Power béninois a quitté la zone de stagnation. L’évolution positive du score (+0,9) est le carburant d’une nouvelle ambition. Cette dynamique impose désormais une nécessité géopolitique de transformer ce gain de réputation en influence diplomatique réelle au sein d’une CEDEAO fracturée.

L’enjeu est désormais de capitaliser sur le déclin relatif des puissances régionales traditionnelles pour positionner Cotonou comme le nouveau hub de crédibilité du Golfe de Guinée. Le Soft Power n’est pas un concours de beauté, c’est une guerre de perception. En 2026, à travers le Global Soft Power Index, le Bénin a prouvé qu’il savait grimper. Il lui reste désormais à dominer son récit.

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