Contractualisation, La Marina BJ – Quelques semaines avant l’annonce récente de la grille des redevances d’occupation des étals dans les marchés urbains et régionaux nouvellement construits, l’État béninois à travers l’Agence nationale de gestion des marchés (Anagem) avait déjà actionné un autre levier stratégique : la sécurisation des infrastructures commerciales. Dans une relative discrétion, l’Anagem a engagé une série d’accords-cadres avec plusieurs sociétés privées de sécurité et de gardiennage.
L’ambition est de garantir, sur un horizon de trois ans, une gestion encadrée des 21 nouveaux marchés urbains et régionaux, en vue de protéger durablement les investissements publics et d’assurer la stabilité économique dans ces pôles d’échange.
Une sécurisation multisite
Selon nos informations, plusieurs entreprises locales se sont vu attribuer les contrats. Parmi elles, la Compagnie de Gardiennage et de Sécurité Privée SARL interviendra sur les sites de Houègbo et Ahouangbo, tandis que Group-Fadherck Security sera chargé de Pahou et Ganhi.
À Cotonou, SOMINC SARL est en charge de Wologuèdè, Menontin, Aidjèdo et Glazoué. De son côté, le Groupe Intelligence Système Assistance (GISA) sécurisera Gbégamey, Cadjèhoun, Hlazounto, Midombo et Tokplégbé. Enfin, D.A Sécurité SARL opérera sur le marché de Natitingou, dans le nord du pays.
Le coût global de cette opération de sécurité s’élève à 1,268 milliard de francs CFA, financé sur budget public qui serait réparti sur une période triennale.
Professionnaliser la gestion des équipements publics
Derrière ces chiffres, c’est une approche plus structurée de la gestion urbaine que revendiquent la structure gestionnaire des marchés. Longtemps gérés de manière fragmentée, parfois sans réelle coordination entre communes et structures centrales, les marchés urbains béninois ont souvent souffert de dégradations rapides, d’occupation anarchique, voire d’insécurité chronique.
« Il ne suffit pas de construire des marchés modernes ; encore faut-il créer les conditions de leur durabilité », confie une source proche de l’Anagem. Ce changement de cap s’inscrit dans la volonté politique du gouvernement de la rupture de professionnaliser la gestion, renforcer les mécanismes de redevabilité et inscrire chaque infrastructure dans une chaîne de valeur cohérente. Toujours selon nos informations, l’État a d’ailleurs autorisé le décaissement de plus de deux milliards de francs CFA pour l’entretien des espaces communs de ces 21 marchés, preuve d’une volonté de mise en exploitation durable et conforme aux standards modernes.
Créée par en 2022 par décret N° 2022-493, l’Anagem incarne cette nouvelle approche. Elle est chargée d’harmoniser la gouvernance des marchés publics placés sous sa gestion. L’idée est de faire des marchés des centres de commerce efficaces, attractifs, mais aussi sûrs, au service d’une population en majorité féminine, pilier du petit commerce dans les centres urbains.
En mobilisant ces compagnies pour le gardiennage, l’État parie sur l’expertise d’acteurs spécialisés tout en désengorgeant les collectivités locales de tâches opérationnelles complexes. Reste désormais à évaluer, dans la durée, l’efficacité réelle de ces partenariats en matière de sécurité, de préservation du patrimoine bâti, et surtout, de satisfaction des commerçants.