Développement, La Marina BJ – Daté du 3 novembre 2025 et élaboré à l’issue d’une mission de supervision conduite en février, le rapport d’exécution du Programme d’appui à la gouvernance économique et au développement du secteur privé (PAGE-DSP II) apporte enfin des réponses tangibles à une question récurrente à l’achèvement d’un programme d’appui budgétaire : comment l’État a-t-il utilisé les fonds mobilisés pour soutenir les réformes engagées et stimuler l’activité du secteur privé ?
Cette conclusion intervient dans un contexte où la Banque Africaine de Développement a validé une enveloppe complémentaire de 28 millions USD (Lire LMBJ du 26/11/2025) afin de prolonger son accompagnement. Le document interne consulté par La Marina BJ établit un bilan chiffré, précis, et met en évidence des priorités stratégiques clairement assumées. Le Rapport sur l’état d’exécution et les résultats (EER) en question révèle en effet une répartition budgétaire structurée autour de trois leviers essentiels : l’amélioration de la compétitivité des entreprises, l’industrialisation agro-alimentaire et l’ajustement réglementaire. Au terme de la mise en œuvre, onze réformes sur douze avaient été effectivement réalisées, ce qui traduit un niveau d’exécution particulièrement élevé.
Modernisation économique et digitalisation : un socle structurel priorisé et consolidé
La première orientation financière observée dans le rapport concerne la modernisation de l’environnement économique. Cette phase a nécessité des ressources importantes, car elle impliquait à la fois une révision profonde des textes et l’adaptation de l’administration aux dynamiques modernes de l’investissement.
Selon le rapport consulté par La Marina BJ, les dépenses ont permis la révision du cadre règlementaire sur la concurrence, la préparation de l’Autorité nationale de la concurrence, ainsi que la digitalisation des procédures liées aux investissements. À mesure que ces chantiers avançaient, il est devenu nécessaire de rendre l’approche administrative plus fluide et plus accessible ; c’est ainsi qu’a été opérationnalisé le guichet électronique unique dédié aux investisseurs et exportateurs. Celui-ci a contribué à réduire les délais de traitement, à améliorer la délivrance d’autorisations et à rendre le pays plus attractif pour les capitaux étrangers. Les effets se sont rapidement matérialisés, puisque la part de l’investissement privé dans le PIB a progressé et que le délai de paiement des créances dues aux PME est passé de 200 jours à 60 jours, ce qui correspond exactement à la cible officielle atteinte à la clôture du programme.
Industrialisation agro-alimentaire et montée en puissance de la GDIZ
Une deuxième orientation budgétaire, tout aussi structurante, concerne la transformation industrielle, particulièrement dans les filières agricoles. Les ressources déployées ont permis d’améliorer les standards de production, d’homologuer des produits stratégiques tels que les pâtes alimentaires, le sel iodé et le lait, et d’accélérer l’opérationnalisation de la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ).
Progressivement, grâce aux financements, des accords techniques ont été formalisés avec la douane, un point focal permanent a été déployé et l’interconnexion des systèmes de gestion administrative a été renforcée précise le rapport sur les produits. Cette combinaison de mesures a levé plusieurs obstacles logistiques, ce qui a facilité l’implantation d’unités industrielles et l’expansion de capacités productives.
Le rapport indique que l’objectif d’investissement prévu pour la zone a été atteint à 100 %, ce qui signifie que le Bénin est entré dans une dynamique de transformation locale plutôt que d’exportation brute. Cette évolution se constate notamment dans les filières ananas, cajou, textile et agro-dérivées. Ainsi, la stratégie appliquée repose sur un principe de renforcer la transformation sur place avant d’envisager la redistribution et structurer les chaînes de valeur avant de les généraliser.
Durabilité, genre et climat : une croissance pensée pour durer
Un troisième bloc financier mis en lumière dans le rapport concerne l’intégration de la dimension sociale et environnementale dans la croissance économique. Le gouvernement a choisi d’y consacrer une part significative de ses ressources, ce qui s’est traduit par l’introduction de la budgétisation sensible au genre dans la politique agricole, ainsi que par le financement d’un plan national visant à améliorer la participation économique des femmes.
Dans la même logique, toutes les réformes annoncées en matière de lutte contre les changements climatiques ont été adoptées, qu’il s’agisse des décrets d’application ou de la nomination d’un secrétaire permanent chargé des projets carbone. Cependant, même si plusieurs avancées sont considérées comme abouties, le rapport mentionne que l’indice national de vulnérabilité climatique reste un indicateur à renforcer, ce qui laisse entrevoir un axe prioritaire pour la poursuite du soutien financier à partir de 2025.
Au terme de cette phase du programme, le rapport montre que le PAGE-DSP II n’a pas seulement produit des textes ou engagé des intentions. Il a permis de financer, d’exécuter et de consolider des réformes concrètes, qui touchent autant le cadre économique que les chaînes industrielles et les dimensions sociales de la croissance. Le programme s’achève donc sur une base solide qui ouvre une phase nouvelle, non plus centrée sur l’exécution mais sur les résultats attendus en matière d’emploi, d’exportation, de productivité et de souveraineté industrielle. La phase II du PAGE DSP se referme, mais son impact, lui, commence à s’écrire.
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