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Trêve politique au Bénin : la mise au point qui change le débat ?

Politique, La Marina BJ Alors que la récente révision constitutionnelle continue de susciter un intense débat national en attendant la décision de la Cour Constitutionnelle, le gouvernement béninois tente de clarifier la philosophie de l’une de ses mesures les plus commentées : la trêve politique. Intervenant dans un contexte de critiques nourries notamment par l’opposition, plusieurs citoyens sur les réseaux sociaux et une partie de la doctrine juridique, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a livré une mise au point destinée à « lever les malentendus » et à recadrer la perception de cette innovation institutionnelle.

La trêve politique, introduite par la révision constitutionnelle adoptée par le parlement béninois le 15 novembre 2025, instaure une suspension des activités politiques à finalité compétitive dès le lendemain d’une élection présidentielle, et ce jusqu’à la dernière année du mandat. Dans un pays où la vie politique est historiquement rythmée par des campagnes permanentes, le porte parole gouvernement défend cette mesure comme un moyen de stabiliser l’action publique et de mettre fin à ce qu’il qualifie de « réclame politique permanente ».

Face aux inquiétudes croissantes sur le pluralisme et la liberté d’expression, Wilfrid Léandre Houngbedji a choisi d’apporter des clarifications.

« La trêve politique ne veut pas dire que les partis politiques n’existent plus »

Dans sa déclaration, Wilfried Léandre Houngbédji souligne que la mesure ne vise ni à restreindre l’existence des formations politiques ni à confisquer la parole publique.

« La trêve politique ne veut pas dire que les partis politiques n’existent plus. Ils restent libres de s’exprimer, commenter l’actualité. Ce qui est proscrit, c’est la réclame politique permanente », explique-t-il.

Selon lui, l’objectif n’est pas de nier le pluralisme mais de limiter les manœuvres de conquête du pouvoir dans les premières années du mandat présidentiel. Le gouvernement estime que, dans le contexte béninois, cette dynamique crée une instabilité nuisible au déploiement des politiques publiques.

Wilfried Léandre Houngbédji insiste : le modèle mis en place par la majorité parlementaire n’interdit pas la critique mais encadre la compétition politique, qu’il juge trop précoce et systématique.

Un appel à la responsabilité politique

Le porte-parole affirme que la trêve politique vise à favoriser un climat d’unité nationale autour de l’action publique. Il résume ainsi la position gouvernementale :

« S’il (le président de la République) réussit, c’est au profit de la nation entière. S’il échoue, il aura perdu du temps à toute la nation. Et parfois, l’échec vient parce que les politiciens le tirent vers l’arrière. »

Cette lecture met en avant une idée centrale : la nécessité de réduire les tensions politiques pour permettre au gouvernement d’avancer sans obstruction permanente. Dans cette perspective, la trêve politique est présentée comme une garantie d’efficacité institutionnelle. Répondant aux craintes de musellement de l’opposition, Wilfried Léandre Houngbedji Houngbédji distingue deux types de dynamique démocratique.

Le débat politique, lié aux questions de gouvernance, de politiques publiques et d’intérêt national ; le débat politicien, tourné vers la compétition électorale.

Selon lui, seule la seconde dimension est mise entre parenthèses pour éviter les “campagnes électorales déguisées” qui caractérisent habituellement les premières années du mandat. Le porte parole du gouvernement assure donc que la liberté d’expression, la critique institutionnelle et l’analyse citoyenne restent intactes. « Le débat politique demeure. Le débat politicien, on peut le différer » déclare Wilfried Léandre Houngbedji.

Un débat qui reste ouvert

Bien avant ces clarifications, les critiques étaient nombreuses Des observateurs politiques qui dénoncent une restriction du pluralisme sur une période trop longue s’interrogeant également sur les risques d’arbitraire dans la qualification d’une activité “compétitive” ; l’opposition (Le parti Les Démocrates) qui y voit un instrument de neutralisation politique ;

En recadrant publiquement le sens de la trêve politique, le porte parole du gouvernement cherche à repositionner cette innovation comme un outil de stabilité plutôt qu’un instrument de contrôle. Mais l’enjeu reste sensible : la manière dont cette mesure sera appliquée dans les mois et années à venir déterminera si elle sera perçue comme un mécanisme d’apaisement institutionnel… ou comme une limitation du jeu démocratique.

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