Gouvernance publique, La Marina BJ – L’Agence béninoise de Sécurité sanitaire des Aliments (ABSSA) devient, en 2025, la cinquième structure étatique autorisée à bénéficier d’un régime dérogatoire au Code des marchés publics. Selon nos informations, un décret présidentiel récemment signé ouvre à l’Agence la possibilité de recourir à des procédures de passation simplifiées. Une décision à portée stratégique, destinée à renforcer la réactivité d’un maillon clé de la chaîne sanitaire nationale, dont la moindre défaillance peut à la fois entraver l’économie et exposer la santé publique.
Dans le champ de la sécurité sanitaire des aliments, le facteur temps est déterminant. Un réactif indisponible, un équipement de précision défaillant ou un étalonnage arrivé à échéance peuvent suffire à gripper l’ensemble du dispositif de certification agroalimentaire. C’est pour prévenir ces vulnérabilités que le chef de l’État, Patrice Talon, a paraphé le décret numéro 2025-729, accordant à l’ABSSA une flexibilité opérationnelle inédite.
Un régime d’exception ciblé sur des fonctions critiques
À l’instar d’autres structures ayant déjà bénéficié de mécanismes similaires, la dérogation ne couvre pas l’ensemble des activités de l’Agence. Le texte est sans ambiguïté : elle s’applique exclusivement aux « fonctions critiques » du laboratoire de contrôle. Sont ainsi concernées l’acquisition d’intrants stratégiques (milieux de culture, souches de référence, gaz), la maintenance d’équipements de haute technologie et l’étalonnage des instruments de mesure.
Jusqu’ici, la rigidité des procédures classiques d’appels d’offres se heurtait aux exigences de l’urgence biologique ou chimique. « Il était impératif de doter l’ABSSA d’outils lui permettant de répondre en temps réel aux standards internationaux », confie notre spécialiste à la rédaction. L’objectif serait d’aligner la gouvernance des achats sur les impératifs de performance scientifique.
Un manuel de procédures comme garde-fou
Si l’efficacité constitue le fil directeur de la dérogation accordée, la transparence demeure un principe cardinal. L’article 2 du décret subordonne ces acquisitions à un manuel de procédures alternatives, annexé au texte. Consulté par La Marina BJ, ce document précise les nouveaux modes opératoires à savoir demandes de cotation simplifiées, marchés à commandes pour sécuriser les prix sur la durée, ou consultations directes en cas d’exclusivité technique avérée à l’échelle mondiale. Le passage d’une logique strictement administrative à une gestion orientée résultats y est assumé.
En contrepartie, un mécanisme de contrôle a posteriori est institué. La Direction nationale de Contrôle des marchés publics (DNCMP) est chargée d’audits annuels approfondis, dont les conclusions seront transmises au ministre chargé des Finances ainsi qu’à la Présidence de la République.
En garantissant l’absence de rupture de stocks en réactifs et consommables critiques, l’exécutif sécurise, par ricochet, la délivrance des certificats sanitaires — véritables sésames pour l’exportation des ananas, du soja ou des produits halieutiques béninois vers les marchés européens et internationaux. L’article 4 du décret prévoit en outre une clause d’adaptabilité, autorisant le Conseil d’administration de l’Agence à actualiser le manuel de procédures afin de suivre l’évolution rapide des technologies de laboratoire.
L’ABSSA rejoint ainsi un cercle restreint d’organismes considérés comme hautement stratégiques. En 2025, la Société béninoise des Aménagements agricoles (SoBAMA), l’Agence nationale du Paysage (ANP), la Société de la Logistique des Événements (SoLE) et le Centre hospitalier international de Calavi (CHIC) ont, eux aussi, bénéficié de dispositifs analogues. Un signal fort d’une gouvernance publique qui assume désormais la différenciation des règles au nom de l’efficacité stratégique.
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