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Missionné par sa défunte mère, Ganiou Soglo veut ressusciter La Renaissance du Bénin

Politique, BéninPlus de cinq ans après la disparition de La Renaissance du Bénin (RB) du paysage politique national, Ganiou Soglo, ancien ministre et fils de la défunte Rosine Vieyra Soglo, entend remettre sur pied le parti « familial ». Une ambition nourrie d’un serment personnel, mais confrontée à un environnement politique profondément transformé par les réformes du régime de la Rupture.

Il n’en reste aujourd’hui qu’un souvenir. Un nom chargé d’histoire, symbole des premières années du renouveau démocratique au Bénin. Dissoute dans les faits à la faveur de la réforme du système partisan engagée sous la présidence de Patrice Talon, La Renaissance du Bénin (RB), autrefois dirigée par Rosine Vieyra Soglo, puis ensuite par son fils aîné Léhady Soglo, n’a plus d’existence légale. Mais pour Ganiou Soglo, ancien ministre de la Culture et cadet de la famille, la RB n’est pas morte. Elle est en attente de renaissance. Et c’est à lui qu’il revient désormais d’en raviver la flamme.

Une promesse à l’ombre de la mort

Sur le plateau de la chaîne en ligne ESAE TV, ce dimanche 6 juillet 2025, l’ancien ministre s’est confié dans des termes inhabituels. « Ma mère est décédé dans mes bras et elle m’a fait lui jurer deux choses……… la deuxième c’est de tout faire pour que sa formation politique ressuscite », raconte-t-il. Un serment intime, désormais érigé en mission politique.

Selon lui, la disparition de la RB n’a jamais été une décision librement acceptée par les siens. « La RB a une âme », insiste-t-il. « Et cette âme c’est d’abord et avant tout Rosine Soglo. L’honnêteté, la parole donnée, l’intégrité. » Pour l’ancien ministre de la Culture de l’ancien président Yayi Boni, cette identité politique reste d’actualité dans un paysage qu’il juge vidé de toute éthique publique.

Une politique fondée sur l’humain

Au-delà de la mémoire familiale, Ganiou Soglo défend une vision de la politique fondée sur l’humain. « Si vous n’aimez pas les gens, vous allez pas vous battre pour eux, même au quotidien vous n’allez pas leur donner de la considération, de l’amour…. Mais sans amour il y a pas de politique, il y a pas de vision… », affirme-t-il.

Il se montre particulièrement critique envers la gouvernance actuelle, qu’il qualifie de « brutale » et « néolibérale », inadaptée à un pays aux réalités sociales complexes. « Nous sommes un petit pays pauvre, et que dans les petits pays pauvres il faut d’abord s’occuper de ceux qui n’ont pas décidé de naître dans telle ou telle famille mais qui sont les plus fragiles et qui sont les plus déshérités. L’État doit les accompagner, doit pouvoir les protéger », soutient-il.

Ni fusion, ni ralliement

Face à un paysage d’opposition marqué par la montée en puissance du parti Les Démocrates, dirigé par l’ex-président Boni Yayi, Ganiou Soglo écarte toute idée de ralliement. « Je l’ai dit quand le président Boni Yayi a proposé de me nommer dans son gouvernement, il y a quelques années, je lui ai avait rappelé que j’étais né Renaissant et que je mourrais Renaissant », confie-t-il. Un positionnement qui peut paraître isolé dans un contexte d’alliances tactiques, mais qui revendique la cohérence et la fidélité comme socle d’action.

Depuis la réforme du système partisan de 2018, relancer un parti politique nécessite de remplir des critères exigeants : ancrage territorial, représentativité nationale, conformité aux normes administratives. La Renaissance du Bénin, dans sa forme initiale, ne répond plus à ces conditions.

Conscient des obstacles, Ganiou Soglo affirme pourtant sa détermination. « Ça prendra le temps que ça prendra, mais je peux vous certifier que je tiendrais mon engagement vis-à-vis de ma mère, quel qu’en soit le prix. », martèle-t-il. Entre la dimension juridique, la structuration politique et la mobilisation populaire, le chantier s’annonce complexe.

Dans un contexte de verrouillage institutionnel, la résurrection de la RB apparaît comme un défi autant qu’un pari personnel. Peut-on reconstruire un avenir politique à partir d’un passé glorieux ? Ganiou Soglo y croit. Mais il lui faudra convaincre au-delà du nom et de la nostalgie, dans un environnement politique où les symboles seuls ne suffisent plus.

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