Immobilier, La Marina BJ – Avec la hausse des implantations diplomatiques, des ONG régionales et des opérateurs privés internationaux, la capitale économique béninoise voit ses logiques résidentielles se redessiner. Jak PLM, longtemps considéré comme un quartier de second plan, s’impose désormais comme un lieu de vie stratégique pour les profils internationaux à la recherche d’un confort haut de gamme, loin des regards.
Parmi les ruelles arborées d’Akpakpa, à l’est de Cotonou, un mouvement discret mais structurant est à l’œuvre. De nouveaux visages, souvent en mission, parfois en transit prolongé, investissent les lieux. Expatriés, hommes d’affaires, responsables d’ONG, diplomates, membres de la diaspora en retour… Ils ne se bousculent pas, mais leur présence change la donne. Loin de la vitrine résidentielle surmédiatisée de Haie-Vive ou de la frénésie côtière de Fidjrossè, Jak PLM commence à imposer sa signature : celle d’un luxe feutré, stratégique, intégré dans le tissu local.
« C’est un quartier qui offre une intimité que les autres ont perdue », résume Freddy Sena, agent locatif chez Bénin Immo Connect, que nous avons rencontré lors de notre immersion dans la zone. « Beaucoup d’ONG ou de consulats cherchent aujourd’hui un cadre sécurisé, mais sans ostentation. Jak PLM répond à ce besoin, tout en étant proche des grands axes », affirme-t-il.
Une ville qui se déplace
Cette bascule résidentielle n’est pas isolée. Elle accompagne une recomposition plus large de Cotonou, à mesure que les politiques publiques de réaménagement, les flux économiques et les impératifs sécuritaires transforment les centralités traditionnelles.
La Corniche Est a été réhabilitée, la circulation y est plus fluide, et la proximité de certaines structures en fait une localisation plus stratégique qu’il n’y paraît. Si Haie-Vive reste prisée pour son image et ses écoles, les prix s’y sont envolés. Résultat : les regards se tournent ailleurs.
« On ne peut plus loger tout le monde dans le quartier des ambassades. Les profils sont plus variés, les besoins plus techniques », commente l’épouse d’un diplomate ouest-africain en poste à Cotonou. « Jak PLM a encore de l’espace, des logements modernes, et moins de pression sociale », insiste-t-elle.
Une villa emblématique d’un tournant discret
Parmi les biens qui témoignent de cette évolution, une villa haut standing récemment mise sur le marché (en savoir plus ici) attire l’attention. Construite sur une parcelle de 1 000 m², elle comprend cinq chambres avec salles de bains privatives, un double séjour, une salle à manger meublée en teck, une cuisine de 20 m² entièrement équipée, mais aussi un espace billard, une salle de jeux pour enfants et une dépendance pour le personnel sur deux niveaux.
Sans afficher de luxe tapageur, le bien se veut fonctionnel, sécurisé, et prêt à accueillir une famille d’expatriés ou une délégation institutionnelle. Groupe électrogène, forage indépendant, fibre optique, paillote extérieure, jardin arboré, parking pour cinq véhicules… l’infrastructure est calibrée pour une occupation autonome.
« Ce n’est pas une maison-vitrine, c’est une base de vie et de travail », affirme Freddy Sena. « Elle est louée avec possibilité de négociation à 2,3 millions FCFA meublée. Ce n’est pas donné, mais dans ce segment, c’est rare. »
Les ONG, nouveaux acteurs du marché résidentiel
Depuis trois ans, la présence accrue d’organisations internationales dans le pays — qu’il s’agisse d’appui à la gouvernance, de programmes de résilience ou d’accompagnement logistique transfrontalier — a changé le profil des demandes locatives à Cotonou. Des professionnels, souvent en contrat long, parfois accompagnés de leurs familles, recherchent stabilité, connectivité et sécurité.
Cette évolution s’inscrit dans le contexte d’un Bénin qui soigne son image, porté par une gouvernance jugée stable, une croissance soutenue (7,5 % en 2024 contre 6,4 % en 2023 selon l’Instad), et une politique de réformes multisectorielles. Dans cette dynamique, l’immobilier résidentiel devient un levier diplomatique indirect, autant qu’un enjeu d’accueil des compétences.
« Il ne s’agit plus seulement de loger, mais d’installer », analyse un urbaniste local. Toujours d’après lui, « la demande vient de gens qui ne sont pas de passage : ils veulent du solide, du tranquille, et parfois aussi du symbolique. D’où le succès de zones comme Jak PLM. »
Un quartier en veille, mais pas en vitrine
À l’inverse des développements urbains spectaculaires menés dans d’autres capitales d’Afrique de l’Ouest, Jak PLM avance sans esbroufe. Pas de résidences fermées ni d’immeubles flambants neufs, mais des maisons rénovées, des parcelles bien tenues, des agents immobiliers qui connaissent les besoins spécifiques de leurs clients.
Le marché reste encore peu structuré, souvent informel, mais des plateformes spécialisées — comme Bénin Immo Connect — émergent pour professionnaliser l’intermédiation, en s’alignant sur les standards internationaux.