Budget, La MARINA BJ – Alors que s’élabore le projet de loi de finances 2026, le ministère de la Santé du Bénin entend poser les bases d’un système de santé plus résilient, équitable et digitalisé, selon nos informations.
Garantir une couverture sanitaire efficace tout au long du cycle de vie des populations : tel est l’engagement que renouvelle le cabinet du ministre Benjamin Hounkpatin à travers les priorités sectorielles de son ministère, telles que formulées dans le récent document de programmation budgétaire. Ces grandes orientations serviront de socle à l’élaboration du prochain projet de loi de finances.
Des soins de base comme levier d’équité
Premier axe de la réforme : le renforcement des soins de santé primaires. Il s’agit, selon nos informations, de garantir un accès équitable aux soins essentiels pour toutes les couches sociales, notamment dans les zones rurales où le maillage sanitaire demeure insuffisant.
Au cœur de cette stratégie figurent les pathologies qui pèsent lourd sur les indicateurs de santé publique : paludisme, VIH/Sida, tuberculose, mais aussi maladies non transmissibles, hépatites et maladies tropicales négligées. En misant sur la prévention, le ministère espère freiner l’escalade des coûts curatifs et améliorer les résultats sanitaires à moyen terme.
La formation, talon d’Achille du système
Autre priorité : renforcer les capacités de production du personnel de santé. Les instituts publics tels que l’INMeS (Institut National Médico-Sanitaire) et l’IFSIO (Institut de Formation en Soins Infirmiers et Obstétricaux) verront leurs moyens renforcés afin de former davantage d’infirmiers et de sages-femmes, dans un contexte où les ressources humaines restent notoirement sous-dimensionnées.
L’exécutif mise ici sur un effet multiplicateur : former plus, c’est aussi améliorer la qualité des soins, réduire les inégalités d’accès et préparer le système aux défis futurs, comme le vieillissement progressif de la population et les pandémies émergentes. La santé reproductive et la planification familiale sont également érigées en priorité budgétaire explicite.
Le tournant numérique, catalyseur ou mirage ?
Mais la transformation la plus attendue est sans doute celle du virage digital du système hospitalier. Le ministère prévoit de généraliser le Système d’Information Hospitalier (SIH) à l’ensemble des hôpitaux publics. Ce programme, encore embryonnaire, vise à centraliser les données médicales, fluidifier les parcours de soins et améliorer la gestion des ressources.
Parallèlement, une stratégie nationale de santé numérique verra le jour en 2026. Elle inclura notamment des solutions de m-health (applications mobiles, suivi à distance, télémédecine), pour toucher les populations isolées, réduire les déplacements inutiles et désengorger les centres de santé.
Cependant, les défis sont multiples : infrastructures numériques inégales, faible connectivité dans certaines zones, compétences limitées du personnel de santé en matière de digital. Le pari est audacieux, mais pas hors de portée.