Notation, La Marina BJ – Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés et les incertitudes politiques, Bloomfield Investment Corporation maintient ses notes sur deux acteurs historiques de la BRVM. Bernabé Côte d’Ivoire et Palmci conservent des évaluations stables, mais derrière cette apparente solidité, les trajectoires stratégiques des deux entreprises révèlent des défis contrastés.
Le dernier rapport de l’agence Bloomfield met en lumière deux réalités distinctes : Bernabé CI, distributeur centenaire de matériels industriels, poursuit une stratégie défensive et renforce sa trésorerie, tandis que Palmci, géant de l’huile de palme, conserve sa stature de leader mais se heurte à des pressions financières croissantes.
Bernabé CI : une gestion millimétrée pour préserver l’équilibre
Depuis son introduction à la BRVM en 1998, Bernabé CI reste une référence du secteur de la distribution. En 2024, selon les données financières mentionnées dans la notation, son chiffre d’affaires recule légèrement (45,31 milliards FCFA en 2024 contre 45,95 milliards en 2023) et son bénéfice net chute à 7 millions FCFA, contre 36 millions un an plus tôt. Cependant, l’entreprise améliore sa trésorerie (1,82 milliard FCFA) grâce à une politique de réduction volontaire des stocks, preuve d’une gestion fine de ses ressources. Bloomfield maintient sa note A+ à long terme, estimant que cette prudence traduit une réelle capacité d’adaptation face à une concurrence agressive.
Contrôlée par le groupe Yeshi, l’entreprise privilégie une stratégie défensive, ce qui lui permet de rester solide malgré la hausse du coût de la dette et un climat politique ivoirien susceptible de peser sur la consommation.
Palm CI : un champion agricole sur la défensive
Filiale du groupe Sifca et leader incontesté du secteur de l’huile de palme, Palmci conserve sa notation AA- à long terme et A1 à court terme. Mais derrière cette stabilité se cache une trésorerie nette déficitaire (-12,65 milliards FCFA en 2024) et un chiffre d’affaires en forte contraction (172,18 milliards FCFA en 2024 contre 206,24 milliards en 2023). L’entreprise subit de plein fouet la volatilité des cours internationaux et les aléas climatiques qui affectent sa production.
Pour Bloomfield, Palmci conserve toutefois une flexibilité financière et une solidité structurelle rares, témoignant de la puissance d’un acteur capable d’absorber les chocs, même dans un environnement régional fragilisé.
Ces notations vont au-delà des chiffres : elles reflètent le climat économique ivoirien à la veille d’échéances politiques majeures. Bernabé CI, gestionnaire rigoureux, et Palmci, mastodonte agro-industriel, incarnent deux modèles de résistance face aux turbulences. Pour les investisseurs de la BRVM, ce double diagnostic envoie le message de ce que la solidité structurelle existe, mais elle impose des choix stratégiques assumés et une lecture fine des risques.