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Artisans, commerçants, prestataires : comment l’informel béninois a regagné sa clientèle

Économie, La Marina BJLongtemps essoufflé par les secousses des deux dernières années, le secteur informel béninois signe, au troisième trimestre 2025, un retour remarqué sur le devant de la scène économique. Dans les marchés, sur les axes routiers, aux abords des chantiers et jusque dans les ateliers de quartier, un même constat s’impose : la clientèle est revenue.

Une tendance qui n’a rien d’anecdotique dans un pays où l’informel concentre l’essentiel de l’activité commerciale et artisanale. Derrière cette reprise se dessine une conjoncture portée par des dynamiques nationales puissantes — chantiers publics, campagne agricole, rentrée académique — et par la capacité d’adaptation d’acteurs qui évoluent, souvent dans l’ombre, au cœur de l’économie réelle.

Une activité en rebond, sous l’effet d’un contexte économique en mouvement

Selon les données de la Direction de la Prévision et de la Conjoncture, le niveau d’activité du secteur informel progresse de 0,34 point par rapport au troisième trimestre 2024. En apparence modeste, cette hausse signale pourtant une rupture : après plusieurs trimestres hésitants, l’informel renoue avec un terrain plus favorable.

Selon la note de conjoncture du secteur informel, trois leviers expliquent cette inflexion : les grands travaux publics, qui transforment les villes et drainent une myriade de micro-prestataires ; la campagne agricole en phase active, qui mobilise transporteurs, revendeurs d’intrants, transformateurs locaux et services annexes ; et la rentrée académique de septembre, véritable saison économique en soi, qui ravive la demande dans les secteurs du textile, des fournitures, de l’équipement et des services personnels.

Dans un pays où chaque chantier, chaque saison agricole et chaque rentrée redistribuent les cartes économiques, ces trois moteurs ont agi comme amplificateurs conjoncturels.

Des ventes en progression

L’amélioration du chiffre d’affaires, mesurée par un solde d’opinion en hausse de 0,21 point, confirme que le rebond d’activité n’est pas qu’un ressenti : la demande solvable est bel et bien repartie. Artisans et commerçants décrivent un trimestre « où l’argent circule un peu plus », notamment dans les centres urbains densément peuplés, les zones artisanales et les marchés où la rentrée scolaire constitue un pic d’activité. Le redémarrage reste prudent, mais il rompt clairement avec la stagnation observée en 2024 et au début de 2025.

L’un des indicateurs les plus révélateurs est la progression du flux de clientèle : +0,07 point sur un trimestre. En glissement annuel, l’indice atteint 100,16, un niveau qui, bien qu’en apparence stable, traduit une réalité qualitative : les clients sont plus présents, plus réguliers et plus enclins à consommer. Cette remontée tient autant à la dynamique saisonnière qu’à l’évolution des pratiques des opérateurs informels eux-mêmes.

Un secteur qui s’affirme, malgré des fragilités persistantes

La reprise n’efface pas les vulnérabilités structurelles du secteur informel : concurrence exacerbée, faible capitalisation, absence de financement dédié, saturation de certains segments. Mais le trimestre témoigne d’une vérité essentielle : l’informel béninois possède une capacité d’adaptation et une réactivité que beaucoup de secteurs structurés lui envieraient. Il absorbe les chocs, s’ajuste, se réorganise et repart à la conquête de sa clientèle, souvent sans soutien formel et sans visibilité statistique. Selon notre spécialiste à la rédaction cette dynamique constitue un signal à ne pas négliger : ” le trimestre n’est pas seulement bon, il révèle un secteur en mutation, qui adopte progressivement des logiques plus professionnelles — un élément clef pour sa résilience future.”

Si le troisième trimestre marque la reprise, le dernier trimestre — boosté par les fêtes — pourrait en être la consolidation. Les opérateurs interrogés ( près de quatre acteurs sur cinq ) se disent prêts à intensifier leurs efforts sur le marketing de proximité, montée en gamme des prestations et adaptation aux attentes des consommateurs.

L’informel, souvent dépeint comme un bloc homogène et statique, démontre une fois encore sa capacité à évoluer au rythme de l’économie nationale. Et en regagnant progressivement sa clientèle, il confirme son rôle central : celui d’une économie vivante, mouvante, profondément ancrée dans le quotidien des Béninois.

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