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Bénin : quand une mutinerie avortée expose les nouvelles menaces informationnelles

Opinion, La Marina BJ Au-delà de l’échec rapide de la tentative de déstabilisation de l’État menée le 7 décembre à Cotonou, un autre théâtre d’affrontement, invisible et déterminant, s’est imposé : celui du cyberespace. Pour Luc Gbehède, consultant en digitalisation, cet épisode marque un tournant dans la compréhension de la menace informationnelle, non seulement au Bénin, mais également en Afrique de l’Ouest.

« Au-delà des barricades physiques, c’est une bataille numérique d’une intensité inédite qui s’est déclenchée », analyse-t-il. Selon lui, l’événement met en exergue l’émergence d’une guerre hybride, où désinformation, exploitation de l’intelligence artificielle et manipulation d’images deviennent des instruments de déstabilisation politique.


Quand fake news et IA tentent de déstabiliser l’État

Pour Luc Gbehède, la séquence du 7 décembre a transformé X (ex-Twitter) en véritable champ de bataille numérique. Tandis que les comptes institutionnels diffusaient des communiqués destinés à rassurer l’opinion, un flux massif de contenus manipulés a envahi la plateforme. « Nous avons vu circuler de faux communiqués signés du supposé Comité militaire de la refondation, des images de chars générées par IA autour du palais présidentiel, ainsi que des séquences deepfake d’affrontements totalement fictifs », explique-t-il.

L’objectif, selon lui, était de fragiliser la crédibilité de la communication officielle et de semer le doute au cœur de l’opinion publique. La confusion fut telle que de nombreux internautes se sont tournés vers des outils de vérification automatisée comme Grok pour authentifier les contenus — une première à cette échelle au Bénin.

« Cette offensive numérique a prolongé la perception d’instabilité, alors même que la mutinerie était déjà contenue », observe notre spécialiste, qui y voit « un test grandeur nature des vulnérabilités cognitives du pays ».


Vers une résilience digitale

Face à cette démonstration de force informationnelle, Luc Gbehède estime que le Bénin doit accélérer sa stratégie de souveraineté numérique. Il préconise d’abord l’adoption d’outils capables de détecter en temps réel les deepfakes, images truquées et faux communiqués circulant sur les réseaux sociaux. « Nous ne pouvons plus compter uniquement sur la communication institutionnelle classique. L’État doit disposer de capteurs numériques avancés », affirme-t-il.

Il recommande également la mise en place d’une task force numérique, appuyée sur la blockchain, pour authentifier automatiquement les annonces officielles via des QR codes infalsifiables.

En parallèle, il plaide pour une politique nationale de fact-checking s’appuyant sur des influenceurs crédibles afin de neutraliser rapidement les infox en période sensible. Enfin, il invite la CEDEAO à intégrer un volet cyber dans ses missions de sécurité — « toute crise politique se double désormais d’une crise digitale » — et encourage la formation citoyenne à la littératie numérique, inspirée du modèle estonien de résilience.


« Le 7 décembre marque peut-être le début d’une nouvelle ère »

Pour notre spécialiste à la rédaction, la tentative de déstabilisation des institutions de la République n’est pas seulement un épisode sécuritaire ; elle constitue un avertissement. « La souveraineté africaine se jouera sur le terrain numérique autant que sur celui des institutions », avertit-il.

Loin du catastrophisme, Luc Gbehède voit dans cette crise une opportunité : celle de bâtir un modèle ouest-africain de défense hybride, capable de protéger les démocraties contre les manipulations informationnelles. « Si le Bénin tire les leçons de cet épisode, il peut devenir un pionnier régional dans la maîtrise des menaces numériques », estime-t-il.

À ses yeux, « le 7 décembre marque peut-être le début d’une nouvelle ère : celle de l’Afrique digitale, vigilante et unie ».

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