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Céréales, poissons, viandes : combien payaient réellement les ménages en novembre

Analyse, La Marina BJ La baisse de l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) observée en novembre 2025 ne saurait être pleinement comprise sans une lecture concrète des prix pratiqués sur les marchés. Au-delà des moyennes nationales, les prix des produits de première nécessité publiés par l’INStaD permet de mesurer, produit par produit et ville par ville, le coût réel supporté par les ménages béninois, notamment pour les céréales, les poissons et les viandes, qui constituent l’ossature du panier alimentaire.

En novembre, les céréales, pilier de l’alimentation quotidienne, affichaient globalement des niveaux de prix compatibles avec la baisse mensuelle de l’IHPC, tout en restant fortement différenciés selon les zones géographiques.

Le maïs séché en grains, principale céréale consommée, s’échangeait en moyenne à 191 FCFA le kilogramme. Les ménages de Bohicon (155 FCFA) et de Natitingou (160 FCFA) bénéficiaient de prix nettement inférieurs à ceux observés à Porto-Novo (241 FCFA), illustrant l’avantage des zones proches des bassins de production.

Le riz en grains longs, vendu au détail, coûtait en moyenne 626 FCFA/kg, avec un pic à Parakou (704 FCFA) et des niveaux plus modérés à Lokossa (579 FCFA). Le sorgho (413 FCFA/kg en moyenne) et le mil (539 FCFA/kg) confirment la même géographie des prix : moins chers dans le Nord, plus onéreux dans certaines villes du Sud, notamment à Cotonou et Lokossa.

Ces écarts montrent que, malgré une bonne disponibilité globale, le coût du transport et de la distribution continue de peser sur les prix finaux supportés par les ménages urbains.

Poissons : une protéine encore coûteuse pour les ménages

Du côté des produits halieutiques, le chinchard congelé (Silvi), poisson largement consommé pour sa relative accessibilité, s’échangeait à un prix moyen de 1 483 FCFA/kg en novembre. Les ménages de Porto-Novo (1 233 FCFA) profitaient de tarifs plus bas que ceux de Cotonou, Bohicon ou Lokossa, où les prix avoisinakent ou dépassaient 1 600 FCFA.

Ces niveaux confirment que, malgré la détente globale de l’inflation, le poisson demeure un poste de dépense significatif, en particulier pour les ménages urbains éloignés des circuits d’importation directe.

Les viandes figuraient, sans surprise, parmi les produits les plus chers du panier alimentaire en novembre. La viande de bœuf sans os se négociait à 2 717 FCFA/kg en moyenne, avec des écarts marqués selon les villes : environ 2 000 FCFA à Natitingou, contre 3 500 FCFA à Cotonou. La viande de mouton, encore plus onéreuse, atteint un prix moyen de 2 967 FCFA/kg, oscillant entre 2 500 FCFA dans certaines villes du Nord et 3 500 FCFA dans le Sud.

Ces niveaux de prix confirment que, même dans un contexte de baisse mensuelle de l’IHPC, les protéines animales restent structurellement coûteuses, limitant leur accessibilité pour une large frange des ménages.

Une lecture cohérente avec la baisse de l’IHPC

Pris dans leur ensemble, les prix observés en novembre sont cohérents avec la baisse mensuelle de 0,3 % de l’IHPC (Lire LMBJ du 12/12/2025). La détente est perceptible surtout sur les céréales locales, dont la disponibilité accrue a contribué à alléger le panier alimentaire. En revanche, les poissons et les viandes demeurent à des niveaux élevés, ce qui explique pourquoi la baisse de l’indice global reste modérée et inégalement ressentie par les ménages.

Les données mettent en évidence une réalité centrale : le coût de la vie alimentaire dépend fortement du lieu de résidence. Les ménages des zones proches des bassins agricoles bénéficient de prix plus accessibles pour les céréales, tandis que ceux des grandes agglomérations côtières supportent des charges plus élevées, notamment pour les protéines animales.

Ainsi, en novembre 2025, si l’inflation a globalement marqué le pas, le panier alimentaire des ménages béninois reste soumis à de fortes disparités territoriales, rappelant que la lecture de l’inflation doit toujours être complétée par une analyse fine des prix de marché.

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