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Filières lait et viande au Bénin : dix études environnementales et sociales pour sécuriser les infrastructures d’élevage

Agriculture, Élevage, La Marina BJSelon nos informations, l’exécutif béninois s’apprête à franchir une étape déterminante dans la modernisation de ses filières lait et viande, en engageant une série d’études environnementales et sociales destinées à encadrer les infrastructures d’élevage en cours de déploiement sur le territoire national. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du Projet d’appui au développement des filières lait et viande et à la promotion des entreprises d’élevage (PRODEFILAV-PEL), pilier de la stratégie gouvernementale de relance du secteur.

Longtemps relégué au second plan des politiques agricoles, l’élevage béninois fait depuis quelques années l’objet d’investissements structurants : accès à l’eau pastorale, modernisation des marchés à bétail, renforcement de la chaîne sanitaire et amélioration des capacités de transformation. Mais cette montée en puissance soulève des enjeux environnementaux et sociaux que les autorités entendent désormais traiter de manière systématique. Au total 10 sous-projets du PRODEFILAV-PEL sont concernés.

Des analyses ancrées dans les réalités locales

Les dix études prévues ont vocation à établir, pour chaque site concerné, un état des lieux précis de l’environnement physique et humain : caractéristiques des sols et des ressources en eau, occupation foncière, activités économiques existantes, dynamiques sociales locales et vulnérabilités spécifiques.

Elles s’attacheront ensuite à décrire en détail les infrastructures projetées ou en cours de réalisation, qu’il s’agisse de forages pastoraux équipés d’abreuvoirs, de marchés à bétail, de parcs de vaccination, de postes d’abattage, de retenues d’eau ou encore d’ouvrages d’assainissement et d’adduction d’eau potable. L’objectif est d’identifier, de manière anticipée, les interactions entre ces ouvrages et leur environnement immédiat.

Les analyses porteront aussi bien sur les phases de construction que sur celles d’exploitation. Seront notamment examinés les risques sanitaires, la gestion des déchets, les nuisances potentielles, l’impact sur les ressources naturelles, mais aussi les effets sur l’organisation des activités locales et la cohabitation entre éleveurs, agriculteurs et riverains.

Prévenir les tensions, sécuriser les investissements

Dans un contexte marqué par la sensibilité des questions foncières et pastorales, ces études visent avant tout à prévenir les conflits d’usage et les tensions sociales. Une attention particulière est accordée aux groupes les plus exposés, notamment les petits éleveurs, les commerçants des marchés à bétail et les populations vivant à proximité des sites concernés.

Lorsque des impacts négatifs seront identifiés, les études débouchent sur des mesures d’atténuation et de gestion des risques, regroupées dans des plans de gestion environnementale et sociale. Ces dispositifs visent à maximiser les effets positifs des infrastructures tout en limitant leurs conséquences indésirables sur les communautés locales.

La question sensible des réinstallations

Certaines infrastructures peuvent entraîner des déplacements ou affecter des moyens de subsistance. Dans ces cas, des plans d’action de réinstallation sont élaborés sur la base d’enquêtes socioéconomiques approfondies et d’un recensement précis des personnes affectées.

Au-delà de la compensation, l’accent est mis sur la restauration durable des activités économiques concernées, avec la mise en place de mécanismes de gestion des plaintes destinés à structurer le dialogue entre les porteurs du projet et les populations impactées.

Au-delà de leur dimension technique, ces études traduisent un changement de méthode dans la conduite des politiques agricoles au Bénin. L’État ne se contente plus de déployer des infrastructures : il cherche à intégrer les impératifs environnementaux et sociaux dès la conception des projets, afin d’en garantir la viabilité à long terme.

Pour le PRODEFILAV-PEL, l’enjeu est désormais central : concilier hausse de la production nationale de lait et de viande, sécurité sanitaire, acceptabilité sociale et préservation des ressources naturelles. Une équation complexe, mais devenue incontournable pour inscrire l’élevage béninois dans une trajectoire de développement durable, à l’heure où la demande intérieure ne cesse de croître.

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