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Législatives 2026 au Bénin : poursuivre les réformes ou ouvrir un nouveau cycle politique ?

Politique, La Marina BJ À l’approche du scrutin législatif du 11 janvier 2026, les partis politiques engagés dans la compétition électorale déroulent, conformément à la programmation de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), leurs messages de campagne autour des thématiques officiellement retenues pour cette échéance. Parmi elles, la gouvernance, la démocratie et la politique institutionnelle occupent une place centrale, tant elles conditionnent le rôle futur de l’Assemblée nationale.

L’examen comparé de ces messages, diffusés par les formations en lice sur cette thématique, met en exergue des orientations contrastées pour la prochaine législature : poursuivre les réformes engagées depuis 2016, les corriger à la marge ou ouvrir un nouveau cycle politique fondé sur un rééquilibrage des pouvoirs. Derrière les discours, c’est bien la place du Parlement dans l’architecture démocratique béninoise qui se trouve au cœur du débat.

Consolider et innover

Pour le Bloc Républicain (BR), l’enjeu est de transformer la démocratie d’un simple concept de vote en une « pratique quotidienne de dialogue ». Le parti, présidé par le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané, met en avant les acquis de la digitalisation — 85 % des procédures désormais dématérialisées — pour promettre une transparence budgétaire accrue. Sa proposition phare repose sur une réforme du Code électoral visant à intégrer une représentation institutionnelle de la diaspora. Le BR propose la création de circonscriptions dédiées ainsi que des modalités de vote adaptées (postal ou électronique), afin d’inclure les 2,5 millions de Béninois vivant à l’extérieur.

De son côté, l’Union Progressiste Le Renouveau (UP-R) mise sur une « démocratie qui nourrit son homme ». Le parti du Baobab, présidé par Me Joseph Djogbenou, candidat titulaire dans la 23ᵉ circonscription électorale, lie étroitement la pratique politique aux défis sociaux — accès à l’eau, à l’électricité et emploi des jeunes. Son engagement porte sur la poursuite de la réforme du système partisan afin d’éradiquer l’impunité et la mauvaise gouvernance, souvent attribuées, selon lui, à une classe politique complaisante par le passé.

MOELE-BÉNIN en « correcteur »

Le parti MOELE-BÉNIN, conduit par le ministre conseiller Jacques Ayadji, tout en reconnaissant les avancées structurelles et la lutte contre la corruption depuis l’arrivée au pouvoir, en 2016, du président Patrice Talon, se positionne comme un trait d’union.

Son offre, baptisée « 12 fondements et 25 engagements », vise à sortir le député de son rôle de simple « spectateur ». Le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin propose de renforcer le contrôle parlementaire et de corriger les déséquilibres de représentativité, notamment en faveur des jeunes et des femmes, tout en prônant un dialogue national permanent pour stabiliser le Code électoral.

Le plaidoyer pour le « retour aux sources »

Le ton se fait plus critique chez Les Démocrates (LD). En l’absence de propositions concrètes, le parti de l’ancien président Boni Yayi dénonce une démocratie « en difficulté » et fustige les réécritures répétitives du Code électoral, qu’il qualifie d’instruments d’exclusion. Son objectif affiché est de briser l’hégémonie de la majorité actuelle afin d’éviter un « Parlement monocolore ». Pour cette formation, la bonne gouvernance ne saurait être que la conséquence d’un pouvoir législatif rééquilibré et indépendant.

Enfin, la FCBE (Force Cauris pour un Bénin Émergent) place son curseur sur l’héritage de la Conférence nationale de 1990. Le parti déplore une « opacité totale » dans la gestion des ministères et une suprématie de l’exécutif sur les autres institutions. Son engagement de campagne repose sur la restauration de la séparation des pouvoirs et des libertés individuelles, avec la promesse de ramener l’ordre et la transparence dans l’administration publique.

Le 11 janvier 2026, les électeurs devront trancher entre ces différentes trajectoires. Le défi de la prochaine législature, si l’on en croit les partis en lice, ne sera pas seulement de légiférer, mais surtout de réconcilier les citoyens avec leur institution parlementaire.

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