Social, La Marina BJ – Les chiffres de la Direction générale du budget (DGB) révèlent une transformation radicale de la structure des dépenses publiques au Bénin. Entre la moyenne de la période 2008-2017 et les projections pour 2026, les investissements à sensibilité sociale ont été multipliés par près de cinq, faisant du social le véritable pivot de l’action gouvernementale.
Ce n’est plus seulement un slogan politique, c’est désormais une réalité comptable documentée. Selon les récentes données publiées par le ministère des Finances et analysées par le cabinet WE Connector, le budget consacré aux Dépenses à sensibilité sociale (DSS) s’apprête à franchir un nouveau palier historique. De 252,5 milliards de FCFA en moyenne annuelle entre 2008 et 2017, ces ressources atteindront 1 233,3 milliards de FCFA en 2026.
Une accélération sans précédent
L’analyse de la trajectoire budgétaire montre un tournant décisif amorcé en 2017. Alors que les dépenses sociales stagnaient sous le quart du budget général durant la décennie précédente, elles ont entamé une ascension fulgurante. En 2024, pour la première fois, l’État a franchi le cap des 1 000 milliards de FCFA de réalisations sociales.
Cette progression n’est pas le fruit du hasard, mais d’une stratégie de « sanctuarisation » du capital humain. Éducation, santé, protection sociale et accès à l’eau potable : les domaines couverts par les DSS bénéficient désormais d’une priorité de financement qui résiste même aux chocs économiques mondiaux.
Le « 42 % », chiffre clé de la nouvelle donne
Le point le plus saillant de cette mutation est l’augmentation du ratio social au sein du budget général. En 2026, 42,0 % des dépenses totales de l’État seront orientées vers le social, contre seulement 22,7 % sur la période 2008-2017.
« C’est un basculement de paradigme », analyse l’un des experts du cabinet WE Connector. Pour ce dernier, « L’État béninois ne se contente plus de construire des infrastructures physiques ; il investit massivement dans les filets de sécurité et les services de base. Près d’un franc sur deux dépensé par le Trésor public va désormais directement au social. »
Cette montée en puissance soulève toutefois des questions cruciales sur la capacité d’absorption des ministères sectoriels. Avec plus de 1 200 milliards de FCFA à gérer en 2026, l’enjeu de l’efficacité de la dépense devient central. Le défi pour les prochaines années ne sera plus seulement d’allouer les fonds, mais de s’assurer que chaque franc investi se traduise par une amélioration tangible du quotidien des populations les plus vulnérables.
En stabilisant ce ratio au-delà de 40 % depuis 2021, le Bénin envoie un message explicite aux partenaires au développement : la croissance économique nationale se veut désormais résolument inclusive.
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