Gouvernance, La Marina BJ – Le dernier rapport sur la gouvernance des entreprises publiques lève le voile sur les flux financiers entre l’État et ses démembrements. Si le chiffre d’affaires global du secteur public marchand s’envole, la répartition des subventions révèle deux stratégies bien distinctes : le soutien au fonctionnement pour les offices et le bras armé de l’investissement pour les sociétés d’État.
Le ministère de l’Économie et des Finances vient de publier le bilan de santé des entreprises publiques béninoises pour l’exercice 2024. Au-delà des bénéfices records, un enseignement majeur se dégage sur la manière dont l’État redistribue les ressources publiques entre les Établissements publics, tels que les offices et agences, et les Sociétés d’État. Cette analyse démontre que la logique de financement diffère radicalement selon la nature et la mission de l’entité concernée.
Les Offices, champions des subventions d’exploitation
Pour les établissements publics à caractère social ou administratif, la dépendance aux ressources de l’État demeure structurelle tout en étant justifiée par leurs missions de service aux populations. Selon les données du rapport, les subventions d’exploitation sont quasi exclusivement fléchées vers les agences et les offices. En 2023, ces entités ont mobilisé 71,7 milliards de FCFA pour assurer leur fonctionnement quotidien, marquant une progression constante depuis 2021.
Ce flux financier témoigne de l’engagement de l’État à maintenir la continuité des services essentiels dans les secteurs de la santé, de l’éducation ou de l’environnement, même si ces entités affichent des contributions fiscales très modestes qui plafonnaient à 0,3 milliard de FCFA en 2022.
Les Sociétés d’État, le moteur de l’investissement
À l’inverse, les Sociétés d’État sont traitées par le gouvernement comme de véritables leviers de développement industriel et d’équipement du territoire. Le rapport met en exergue une domination écrasante de ces sociétés dans la réception des subventions d’investissement. Après avoir atteint un pic historique de 331,4 milliards de FCFA en 2021, ces transferts de capitaux se sont stabilisés à 86,7 milliards de FCFA en 2023. Dans cette configuration, l’État n’injecte pas de fonds pour couvrir des charges courantes mais pour financer des infrastructures lourdes.
En contrepartie de cet effort, ces sociétés commencent à générer des retours significatifs pour le budget national avec 4,5 milliards de FCFA versés en dividendes et des contributions fiscales s’élevant à 9,5 milliards de FCFA en 2022.
Une autonomie sous surveillance
Si les indicateurs globaux révèlent une bonne santé financière, le rapport souligne que le basculement en mode programme depuis le 1er janvier 2022 modifie durablement la gestion de ces entités. Désormais, chaque franc versé par le Trésor public est rigoureusement rattaché à une politique publique précise, qu’il s’agisse du logement ou de l’énergie.
La dette globale, qui s’élève à 164 milliards d’FCFA au 31 décembre 2024, est considérée comme maîtrisée par les autorités financières car elle ne représente que 1,3% du PIB. L’analyse finale indique que l’État béninois s’est éloigné d’une logique de perfusion automatique pour adopter une stratégie de performance ciblée où le secteur public marchand, avec ses 915,2 milliards de FCFA de chiffre d’affaires cumulé, devient un pilier de l’économie nationale.
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