Gouvernance, La Marina BJ – Ce 10 février 2026, les résultats de l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International viennent confirmer une dynamique structurelle : le Bénin s’affirme comme le pôle de stabilité de l’Afrique de l’Ouest.Tandis que l’Afrique subsaharienne stagne avec une moyenne de 32 sur 100, le Bénin maintient son cap et redessine la hiérarchie de la gouvernance sous-régionale.
Avec un score de 45 sur 100, le Bénin occupe désormais la 70ème place mondiale. Bien que ce score reste inchangé par rapport à l’exercice précédent, sa portée est amplifiée par le recul ou la stagnation des autres puissances de la zone. En Afrique de l’Ouest, le Bénin ne se contente plus de suivre ; il s’érige en véritable modèle de « bureaucratisation de l’intégrité ».
Le duel des leaders
Le classement 2025 révèle un basculement des équilibres au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où le Sénégal conserve d’une courte tête son statut de premier de la classe avec 46 points. Toutefois, avec seulement un point d’écart, le Bénin s’installe comme le concurrent le plus sérieux à ce leadership, alors que l’écart était bien plus marqué il y a cinq ans. La surprise vient de la Côte d’Ivoire qui recule de deux points en un an pour s’établir à 43 sur 100. Abidjan paie ici une perception persistante d’opacité dans ses secteurs extractifs et fonciers, ce qui laisse le Bénin s’échapper en tête du peloton.
Le rapport de Transparency International met en lumière un fossé qui se creuse entre les pays côtiers et l’hinterland en proie à l’instabilité politique. Alors que le Bénin occupe le 70ème rang mondial avec une tendance stable, le Sénégal se maintient au 65ème rang tandis que la Côte d’Ivoire chute à la 76ème place. Le Burkina Faso amorce également une baisse en se classant 84ème avec 40 points, suivi de loin par le Togo qui stagne à la 120ème place. Le Niger s’enfonce plus lourdement sous l’effet des crises politiques en perdant trois points pour finir au 124ème rang mondial. Le Bénin démontre ainsi que la digitalisation massive des régies financières, telles que les impôts ou les douanes, porte ses fruits en limitant efficacement la « petite corruption » de contact.
Le défi de la maturité
Malgré cette performance régionale, le Bénin se heurte désormais à son propre plafond de verre. Pour intégrer le cercle restreint des nations dont le score excède les 50 points, seuil marquant l’entrée dans la catégorie des pays dits “intègres”, la seule efficacité technique ne suffira plus. Transparency International souligne que le franchissement de ce nouveau palier repose impérativement sur la consolidation de l’État de droit, à l’instar des standards observés aux Seychelles (68) ou au Cabo Verde (62).
L’affermissement de l’indépendance judiciaire et la sanctuarisation de l’espace civique constituent désormais les leviers stratégiques pour transformer ces acquis administratifs en une culture d’intégrité politique pérenne. Si l’adhésion au Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (OGP) et l’alignement sur les standards de l’OCDE attestent d’une volonté politique réelle, le Bénin doit encore transformer l’essai.
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