Éducation, La Marina BJ — Le Bénin affine l’un des chantiers éducatifs les plus ambitieux de la décennie : la création de six lycées scientifiques et de deux Écoles normales supérieures scientifiques destinés à renouveler en profondeur la formation des élites techniques du pays. Pour en assurer la conduite, le président Patrice Talon a institué, par le décret n°2025-698, un comité technique de pilotage aux pouvoirs étendus. Objectif : garantir une exécution cohérente, resserrée et rapide d’un projet suivi au plus haut niveau de l’État.
Aux manettes de cette structure, quatre profils soigneusement choisis. AHO Fructueux, Directeur général de l’Agence de Développement de l’Enseignement Technique, en assume la présidence. À ses côtés, PINTO Adam, patron de l’Agence des Constructions du Secteur de l’Éducation, assure le rôle de rapporteur, tandis que ANANOUH Victor Kouassi, Directeur général de la Construction et de l’Habitat, et WALCKHOFF Nathalie Mariane Cica, nommée en qualité de personne ressource, complètent le dispositif.
Ce noyau resserré n’est pas anodin. Il s’inscrit dans la méthode désormais assumée par le régime de la rupture : confier les projets structurants à des équipes compactes, identifiées et directement redevables. Un cadrage que la Présidence a jugé nécessaire pour éviter les lenteurs administratives, les chevauchements de compétences et les arbitrages interminables. L’enjeu est lourd : en vingt-quatre mois, ces quatre responsables devront livrer un modèle éducatif complet, opérationnel et pérenne.
Un mandat qui dépasse la simple construction d’établissements
Le décret consulté par La Marina BJ, signé le 12 novembre 2025 par le président Patrice Talon, place le comité au cœur de toutes les décisions. Il lui confie la supervision des chantiers, l’arbitrage technique, le contrôle des coûts et des délais, ainsi que la gestion des litiges éventuels. Mais l’essentiel est ailleurs : le texte fait du comité l’architecte global des futures institutions. Il doit concevoir les curricula, identifier les experts internationaux capables de les enrichir, valider les programmes, sélectionner les enseignants et organiser leur formation.
Il lui revient également de rédiger les textes de gouvernance, de définir les règles administratives et financières et de bâtir un modèle économique viable pour des établissements appelés à incarner l’excellence scientifique. Le comité devra, en outre, concevoir le mécanisme de sélection des apprenants et organiser leur répartition dans les différents lycées et Écoles normales supérieures scientifiques.
Selon les articles 4 et 5 du décret, les indemnités des membres du comité sont imputées sur le budget de la Présidence de la République. Ce choix consacre un pilotage centralisé, assumé par le sommet de l’État, qui s’assure ainsi un suivi régulier et un accès direct aux arbitrages nécessaires.
À bien des égards, cet acte normatif illustre la méthode qui caractérise les grands chantiers du second quinquennat du régime de la rupture : des organes resserrés, une verticalité assumée, un pilotage politique fort et une exigence de résultats quantifiables. Les lycées scientifiques et ENS-S sont appelés à devenir l’une des vitrines de cette stratégie : une réforme où l’affichage d’excellence doit se traduire, dès l’ouverture, par des infrastructures modernes, des contenus actualisés et une sélection rigoureuse des enseignants comme des apprenants.
Les prochains mois diront si le comité, désormais officiellement investi, parvient à tenir le rythme imposé et à incarner cette ambition nationale qui place la formation scientifique au cœur du modèle de développement béninois.
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