Économie & Gouvernance, La Marina BJ — À l’issue d’une mission de dix jours à Cotonou, le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités béninoises ont trouvé un terrain d’entente sur la septième et dernière revue du programme économique appuyé par le MEDC/FEC, ainsi que sur la quatrième et ultime évaluation de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR). Ce double accord consacre la bonne tenue des politiques économiques menées depuis quatre ans et confirme le positionnement du Bénin parmi les économies les plus disciplinées de l’UEMOA.
Conduite par Frédéric Lambert, chef de mission du FMI, la visite des équipes de Washington, du 29 septembre au 9 octobre 2025, a permis d’évaluer les résultats du programme engagé en 2021. Selon la communication officielle publiée à l’issue des travaux, le constat est sans équivoque : le Bénin a su préserver une dynamique de croissance soutenue malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement du commerce mondial.
La croissance du PIB, estimée à 7,5 % en glissement annuel au premier semestre 2025, demeure l’une des plus fortes de la région, tirée par l’agriculture, le commerce et les infrastructures publiques. Cette performance consolide la crédibilité du modèle béninois de gestion macroéconomique, fondé sur la discipline budgétaire et la diversification des moteurs de croissance.
Selon Frédéric Lambert, la vigueur de l’activité observée en 2025 conduit à revoir à la hausse des prévisions à 7 % du FMI pour l’ensemble de l’année. « L’ouverture prochaine du pôle agroalimentaire du Grand Nokoué à Abomey-Calavi et la reprise de la production pétrolière à Sèmè-Podji devraient renforcer cette trajectoire à moyen terme », a déclaré le chef de mission.
Une discipline budgétaire saluée à Washington
L’un des principaux marqueurs du programme demeure le retour anticipé du Bénin à la norme de déficit budgétaire de 3 % du PIB, exigée par l’UEMOA. Dès 2024, soit un an avant la date prévue, le gouvernement du président Patrice Talon a réussi à ramener son déficit sous le seuil régional, grâce à une hausse continue des recettes fiscales, à la maîtrise des dépenses courantes et à une exécution budgétaire prudente.
Les perspectives pour 2026 confirment cette orientation : le projet de loi de finances déposé en septembre devant le Parlement maintient l’objectif d’un déficit inférieur à 3 %. Dans le même temps, le gouvernement s’est engagé à accroître les dépenses sociales dans les limites de l’enveloppe budgétaire, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la nutrition et de la protection sociale.
Transparence et réformes structurelles : le Bénin consolide sa crédibilité
Les équipes du FMI ont salué la qualité des réformes structurelles menées sous l’impulsion du gouvernement béninois, en particulier dans les domaines de la gouvernance, de la transparence et du climat des affaires. Parmi les avancées notables figurent la publication des rapports d’audit sur plusieurs marchés publics à forts enjeux ; la diffusion des états financiers de la SONEB, de la SBEE, de la SBPE et du Port autonome de Cotonou pour la période 2022–2024 ; la finalisation d’une cartographie nationale des programmes sociaux, outil clé pour mieux orienter les politiques de protection sociale et améliorer leur impact et la poursuite des réformes fiscales visant à élargir l’assiette et à soutenir la formalisation du tissu économique local.
Ces mesures traduisent une volonté affirmée de faire du Bénin un État exemplaire en matière de gestion publique et de gouvernance économique — un positionnement rare dans l’espace communautaire ouest-africain.
Sur le volet climatique, le FMI salue les progrès du pays dans la mise en œuvre des 15 réformes convenues au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR). Celles-ci portent notamment sur la gestion des risques climatiques, l’intégration du développement durable dans la planification budgétaire et la promotion de l’investissement vert.
Vers la clôture d’un cycle et la reconnaissance d’un modèle
L’accord technique scellé à Cotonou ouvre la voie à un examen du Conseil d’administration du FMI prévu en décembre 2025. Celui-ci devrait marquer la clôture officielle du programme, amorçant un nouveau cycle de coopération fondé sur les acquis obtenus. Au-delà des chiffres, cette séquence illustre la transformation silencieuse de l’économie béninoise : modernisation budgétaire, inclusion sociale accrue, meilleure gouvernance des entreprises publiques et résilience face aux chocs externes.
En quatre ans, le Bénin s’est imposé comme l’un des laboratoires économiques les plus performants de l’Afrique de l’Ouest, combinant discipline, innovation et stabilité politique. Une trajectoire qui, pour Washington comme pour Cotonou, dessine les contours d’un partenariat de confiance désormais mûr et exemplaire.
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