Infrastructures agricoles, La Marina BJ – À peine dix jours après la remise des équipements agricoles de pré-récolte et de post-récolte, intervenue le jeudi 4 juin 2025 à Parakou, l’Unité de gestion du Projet de développement intégré des chaînes de valeurs agricoles au Bénin (PDI-CVA), conformément au plan de travail annuel du ministère de l’agriculture, s’est engagée dans une nouvelle opération d’envergure. Celle-ci vise la réalisation de 18 entrepôts modernes de stockage, d’une capacité de 200 tonnes, répartis dans 12 communes stratégiques des principaux bassins de production.
Cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de sécurisation post-récolte, de réduction des pertes et de valorisation commerciale des filières riz et maïs, deux produits au cœur des politiques de souveraineté alimentaire du gouvernement béninois.
Un maillage territorial pensé pour l’impact
Selon des informations recueillies auprès de notre source bien informée, les infrastructures prévues couvriront les trois pôles agricoles majeurs ciblés par le PDI-CVA. Dans le premier pôle, précisément dans la commune de Malanville, trois entrepôts de stockage verront le jour dans autant de cellules communales, à savoir Guènè Zermè, Sota et sur le site de l’UGPPM.
Au niveau du deuxième pôle, six entrepôts de stockage sont programmés : un à Banikoara (site de Sonpérékou Centre), un à Bembèrèkè (site de Sakarasson), un à Sinendé (marché Haoussa), un à Kalalé (site de Sessouan) et deux dans la commune de Kandi (Kassakou et Gansosso 1). Enfin, le quatrième pôle de développement agricole concentrera la part la plus importante du dispositif avec neuf entrepôts. Ceux-ci seront implantés à Nikki (site de Danri), à Tchaourou (sites d’Ayélawadjè et de Boukoussera barrage), à Dassa-Zoumè (deux entrepôts sur le site du CCRB et un à Adjokan Carrefour), à Glazoué (site d’Ogoudako), à Savalou (site d’Adjakpondji, dans le village de Walla) et à Savè (site du marché de Savè-Centre).
Ce choix territorial, selon nos informations, traduit une logique d’équité productive et d’optimisation logistique, en rapprochant les capacités de stockage des zones de récolte et de commercialisation. Ce nouvel investissement, estimé à 540 millions de francs CFA, fait suite à celui des douze plateformes commerciales (Lire LMBJ du 27/10/2025) validées récemment, toujours dans le cadre du PDI-CVA.
Un levier stratégique pour la compétitivité agricole
Au-delà de la simple conservation des grains, ces entrepôts constituent un outil économique structurant. Ils permettront aux producteurs et aux organisations paysannes de mieux maîtriser le calendrier de mise en marché, de limiter les ventes précipitées à bas prix après les récoltes, d’améliorer la qualité sanitaire et marchande des produits, et de renforcer leur capacité de négociation commerciale.
Dans une filière où les pertes post-récolte peuvent encore atteindre des niveaux élevés, l’enjeu est autant économique que social, notamment pour les jeunes et les femmes, fortement impliqués dans la transformation et la commercialisation. À terme, cette dynamique devrait favoriser une meilleure disponibilité des céréales locales sur les marchés, réduire la dépendance aux importations et soutenir l’ambition nationale d’autosuffisance alimentaire.
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