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Entre le Sénat et l’Hémicycle, un pari risqué pour Joseph Djogbénou ?

Politique, La Marina BJÉlu député lors des législatives du 11 janvier 2026 selon les résultats provisoires de la Commission électorale, Joseph Fifamin Djogbénou est face à un arbitrage historique. Si la Constitution lui offre un siège de droit au Sénat, l’appel du Palais des Gouverneurs semble plus fort. Analyse d’un choix où l’ambition politique pourrait défier les honneurs institutionnels.

Depuis la dernière révision constitutionnelle de novembre 2025, le chemin semble tracé pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle vers une place au Sénat, la nouvelle Chambre haute. Sur le papier, cette opportunité représente le summum du prestige républicain avec un siège à vie, une stature de « Sage » de la République et une influence morale sur les grandes orientations du pays. Pourtant, ce costume de sénateur pourrait s’avérer trop étroit pour Joseph Djogbénou, car l’article 113-4 de la Loi fondamentale impose une neutralité de marbre.

Pour le président de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), entrer au Sénat signifierait déposer les armes en abandonnant la tête du premier parti du Bénin en terme d’élus, tout en se pliant à un silence médiatique et à une obligation de réserve incompatibles avec son tempérament de battant. Pour un homme de 57 ans dans quelques semaines, le Sénat peut ainsi ressembler à une retraite dorée et à un risque d’oubli, alors que ses ambitions demeurent sûrement brûlantes.

Le dilemme du « Militant par nature »

Si Joseph Djogbénou choisit de siéger à l’Assemblée nationale, ce serait parce que c’est là que bat le cœur du pouvoir opérationnel, malgré certaines prérogatives désormais confiées au Sénat. En visant potentiellement le Perchoir, il ne chercherait pas les honneurs, mais les véritables leviers de commande nécessaires pour la suite de sa carrière politique.

Dans la perspective du septennat qui s’ouvre, le contrôle de l’Hémicycle demeure crucial, puisqu’il permettra de verrouiller les parrainages pour influencer la prochaine présidentielle, après celle du 12 avril prochain, tout en maintenant une base solide auprès des députés et des élus locaux. À 57 ans, celui qui fut l’avocat du président Patrice Talon sait que le temps politique est une course de fond et que garder la main sur l’Assemblée nationale permet de rester le maître de l’horloge en vue de l’échéance de 2033.

En 2022, Joseph Djogbénou avait surpris la classe politique en quittant la Cour constitutionnelle pour redevenir militant ; revenir aujourd’hui dans une institution de régulation comme le Sénat serait un désaveu de ce combat pour la liberté d’action. Cependant, tourner le dos au Sénat comporte une part de risque majeure car, en tant que l’un des architectes du régime de la Rupture, son refus de siéger dans la Chambre haute pourrait décrédibiliser cette institution naissante aux yeux des Béninois. Le pari est donc autant personnel qu’institutionnel, plaçant sa crédibilité d’homme d’État face à son instinct de prédateur politique qui refuse d’être spectateur de sa propre histoire.

Entre le confort feutré du Sénat et la fureur stratégique du Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, le choix de Me Joseph Djogbenou répondra à la logique de son propre engagement. Pour le président de l’UPR, la vraie bataille ne fait que débuter. Se gagnera-t-elle dans le silence et l’ombre des Sages, ou dans le tumulte du combat législatif ? À suivre.

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