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Après la débâcle des législatives, le MOELE-BÉNIN de Jacques Ayadji peut-il encore éviter la fusion ?

Politique, La Marina BJLe rideau est tombé sur les législatives du 11 janvier 2026 et, pour le parti MOELE-BÉNIN, le réveil est, sans surprise, brutal. Malgré une campagne active, et des propositions structurées pour cette dixième législature, la formation politique de l’ex syndicaliste Jacques Ayadji échoue une nouvelle fois aux portes de l’Assemblée nationale. Dans un paysage politique désormais figé par le duopole UP-R/BR, la survie des « Élites Engagées » ne tient plus qu’à un fil, celui de la fusion.

C’est un pari manqué de la « troisième voie ». Mais le parti y croyait, si l’on s’en tient à l’offre parlementaire présentée lors de la campagne. Et bien avant le scrutin, le 24 octobre 2025, le président Jacques Ayadji scellait avec Paul Hounkpè du parti FCBE, un accord de coalition. L’objectif était vraisemblablement de briser l’hégémonie des deux grands blocs au pouvoir en mutualisant les voix pour franchir le seuil fatidique des 20 % par circonscription électorale. Mais l’arithmétique électorale s’est révélée impitoyable. Avec seulement 1,21 % des suffrages contre 2,29 % lors des législatives de 2023 et un score cumulé sous la barre de la représentativité, l’alliance a fait long feu.

Le miroir

Le ministre-conseiller Jacques Ayadji qui se rêvait artisan d’une mouvance plurielle, se retrouve aujourd’hui sans aucun député pour porter sa voix au Palais des Gouverneurs. Un échec systématiquement mis en perspective avec la trajectoire de sa collègue ministre-conseillère Claudine Prudencio. Autrefois à la tête d’une formation (La Renaissance Nationale, ex-UDBN) au poids électoral comparable, la « maman » de la 6ème circonscription a su lire la carte politique avant qu’il ne soit trop tard.

En acceptant de fondre son parti dans l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) le 12 novembre 2025, Claudine Prudencio a non seulement retrouvé son siège à l’hémicycle, mais s’est assurée une place au cœur du réacteur législatif pour les sept prochaines années. Pour le MOELE-BÉNIN, le contraste est saisissant. En privilégiant la « pureté » idéologique et l’autonomie, Jacques Ayadji a certes préservé son étiquette, mais il a sacrifié son influence. Dans un système où le Code électoral agit comme une centrifugeuse pour les petites formations, l’identité sans siège ressemble fort à un suicide politique.

Capitulation ou nouveau départ ?

Désormais, la question n’est plus de savoir si MOELE BÉNIN et son président Jacques Ayadji vont fusionner, mais s’il peut encore l’éviter. Sans députés et avec des élections municipales où la liste du parti n’a pu être validée par la CENA, le MOELE-BÉNIN risque de devenir une simple « amicale de réflexion » plutôt qu’un parti de pouvoir.

À l’aube d’un nouveau septennat et d’un régime attendu pour fin mai 2026, l’absence de députés et de maires fragilise considérablement la position du parti. Sans levier électoral, il sera difficile de convaincre le futur chef de l’État de maintenir les privilèges actuels (postes de ministre-conseiller ou de préfet). Les arguments de Jacques Ayadji en faveur de la pluralité des opinions sont nobles, mais ils se heurtent à la réalité d’une 10ème législature bicolore.

Si le parti veut peser sur le prochain régime, l’intégration dans l’un des deux blocs semble être l’unique voie pour transformer l’engagement de ses militants en influence politique réelle. Le pas doit être franchi. Reste à savoir lequel des deux géants saura accueillir les « élites engagées » sans les étouffer.

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